60% des Français se disent favorables à un « big-bang territorial », selon un sondage IFOP paru ce week-end…

Et pourtant personne ne sait vraiment encore de quoi la nouvelle carte administrative de la France sera faite… Il s’agit de demander aux régions de s’entendre, d’ici trois ans pour se regrouper et réduire leur nombre. Entente ou pas, en 2017, une nouvelle carte sera dessinée par Paris (et imposée) avec deux fois moins de régions. Une douzaine de régions contre 22 aujourd’hui. Des régions plus grandes que celles de nos voisins européens. Seulement, plusieurs présidents de région, avant de parler de regroupement, voudraient savoir quels seront les pouvoirs dont eux-mêmes ou leurs successeurs, disposeront. Il est d’ores et déjà prévu de doter les futurs conseils régionaux de pouvoirs réglementaires. Ce qui serait un pas décentralisateur considérable… un accroc à notre jacobinisme atavique. Mais on ne sait pas encore jusqu'à quel point. Et le caractère révolutionnaire ou non de cette réforme se jouera beaucoup plus sur cette question que sur la taille ou le nom des futures régions : pourquoi, par exemple, une région qui manquerait d’infirmières ne pourrait-elle pas décider de rendre les études d’infirmière gratuites sur son territoire ? Pourquoi les politiques d’aides aux entreprises et à l’innovation ne seraient pas exclusivement octroyées (pour les PME) au niveau régional, selon les critères qui s’imposent localement ? Ce sont toutes ces questions –et bien d’autres- qui sont soulevées en ce moment pour déterminer ce qui serait le plus efficace, le plus générateur d’économies, et envisageable sans passer par une révision de la Constitution ? Côté départements, il s’agit de ne garder que les numéros sur les plaques minéralogiques de ceux qui le souhaitent. Rien de plus. Sachant que les départements sont détenteurs de beaucoup plus de pouvoir et de budget que les régions, la disparition, d’ici 2021 des conseils départementaux s’accompagnera forcément d’une redistribution de leurs pouvoirs aux communautés de communes ou aux régions.

On dit souvent que les élus locaux, et notamment départementaux sont réticents et s’opposeront à ces réformes…

Ce n’est pas si sûr. A droite comme à gauche, le moindre conseiller départemental voit les complications qu’entraîne l’empilement administratif et va bien finir par comprendre que l’échelon de trop, c’est le sien. François Hollande, ancien président de la Corrèze l’a compris. On ose espérer qu’il n’est pas forcément besoin, pour un président de département, de devenir président de la République pour s’en apercevoir à son tour ! Des présidents de conseil régionaux se contactent déjà pour voir comment se regrouper et absorber les départements. Le président de la région Aquitaine a embauché des géographes pour étudier les meilleures configurations d’une future région sud-ouest. La commission Balladur avait déjà dessiné le contour –dès 2009- de ce que veulent maintenant faire François Hollande et Manuel Valls. Nicolas Sarkozy ne l’avait pas suivie. Mais l’état des finances de la France et les sacrifices que l’exécutif (qui le cache toujours) s’apprête à demander aux Français, pour atteindre les 3% de déficits en 2015, autorisent à se demander pourquoi François Hollande n’a pas proposé toutes ces réformes pendant la campagne présidentielle et pourquoi il ne les a pas entamées plus tôt. Tout se passe, sur ces questions comme sur tant d’autres, comme si le Président avait été élu un peu par hasard et comme s’il lui avait fallu deux ans pour mettre en chantier les réformes fondamentales de son quinquennat !

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