Ce matin, vous vous intéressez au nouveau nom de l’UMP… « Les Républicains ».

Oui, « Les Républicains », en toute simplicité. Vous remarquerez cette tendance bien connue des communicants : la simplification des logos. Dans un monde surchargé de signes et de messages, il faut épurer à outrance pour être repéré. Les marques bannissent de plus en plus les acronymes : CEA-industrie est devenu Areva, la CGE, Véolia… ça ne veut rien dire mais c’est moins abrupt. Les partis font de même : Modem est un faux acronyme, c’est un mot (bon, il y a les écologistes, en retard ou en avance d’un cycle, qui sont passés des « verts », limpide et parfaitement évocateur à l’imprononçable EELV). Parce que c’est vrai que cette mode de la simplification du message ne date pas d’hier. Ce sont les PTT qui, en 1991, ont initié le mouvement en devenant, tout naturellement La Poste. Aujourd’hui, si la SNCF décidait de se rebaptiser, une agence de pub facturerait certainement une fortune pour trouver ce nom évident : Le Train. Et France Inter, pour redorer son blason (on va en avoir besoin), s’appellerait… La Radio… mais là, nos concurrents et amis d’Europe 1 ou de RTL râleraient, et ils auraient raison ! On va à la poste, on prend le train…on écoute la radio…et on vote républicain, c’est naturel. Le truc, c’est de s’approprier l’évidence. Mais, en politique, c’est un tirage de couverture un peu gonflé. Dans « Les Républicains », ce qui gêne, ce n’est pas « Républicain » mais c’est qu’il n’y ait pas de qualificatif, pour préciser lesquels… et c’est l’article défini « Les », qui veut dire « tous » et suggère que les autres partis ne sont pas républicains, ou pas de bons républicains.

C’était déjà le cas pour le RPF (Rassemblement du Peuple Français) créé par de Gaulle en 1947 !

Oui, mais il s’agissait quand même du général ! qui venait de sauver la France et la République avec le concours de Français de toutes tendances ! Nicolas Sarkozy a certes brillamment gagné les départementales mais de là à prétendre incarner La République ! C’est dans la tradition gaulliste de vouloir tout ramasser. Malraux disait que le gaullisme devait être le métro à 6 heures du soir ! Le gaullisme politique est né de la hantise du régime des partis déconnectés du peuple. Les gaullistes ne créent pas des partis mais des mouvements, des rassemblements. Et pourtant, en 1958, le général de Gaulle écrit la constitution dans laquelle il est stipulé que ce sont les partis qui concourent à la démocratie. Après tout, on n’a pas trouvé mieux. RPF, UNR, UDR, RPR, UMP. C’était « marquise vos beaux yeux, vos beaux yeux marquise » entre Union et Rassemblement. Le principal, c’est que le nom soit englobant et parfaitement désidéologisé puisque ce qui compte dans le gaullisme, c’est de s’unir (ou de se rassembler) certes, mais derrière le panache blanc du chef. Ce sera donc « Les Républicains ». Tout comme de Gaulle ne pouvait quand même pas appeler son parti le Parti gaulliste, Sarkozy ne peut décemment pas transformer l’UMP en Parti Sarkoziste. En plus ça ferait PS !

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