Vous évoquez d’abord ce matin le sondage BVA Institut Paul Delouvrier France Inter/ Les Echos, consacré à la manière dont les Français perçoivent les services publics…Oui, le sondage d’abord, il révèle une évolution assez significative. A la question : « parmi les domaines suivant d’intervention de l’Etat, sur lesquels les pouvoirs publics devraient-ils faire porter prioritairement leur effort ?» la lutte contre le chômage est en hausse de 13 points depuis un an pour atteindre 59%. Elle représente, de très loin, la première priorité que les français voudraient voir traitée par le gouvernement. Ce n’est pas très étonnant, en ces temps de crise… ce chiffre est à comparer avec celui qui concerne la sécurité : la police et la gendarmerie n’arrive qu’en 9 ieme position des priorités évoquées par les français, en baisse constante, bien après l’éducation, la santé ou l’environnement. Alors plusieurs interprétations sont possibles. La majorité dira volontiers que le sujet de la sécurité est enfin sérieusement pris en compte dans le discours gouvernemental et que les français le ressentent. Cet argument doit avoir sa part de vérité mais les chiffres de l’insécurité ne sont pas particulièrement positifs et la réalité de l’insécurité est peu ou prou toujours la même. Il est vrai aussi que le sentiment de sécurité ou d’insécurité dans l’opinion n’est pas toujours directement lié à la réalité de la situation. Nicolas Sarkozy, voulant reprendre une recette qui avait fait ses preuves pendant bien des campagnes, avait d’abord demandé à ses troupes UMP de faire de la sécurité un thème pour les régionales. Il n’est pas sur que ce soit finalement une bonne idée. Les dirigeants politiques disposent de plusieurs enquêtes d’opinions qui vont dans le même sens. Les préoccupations des français se concentrent, en ce moment quasi exclusivement sur le terrain économique et social. D’où l’optimisme de Martine Aubry qui n’a pas peur de fixer à la gauche l’objectif du grands schlem des 22 régions pour mars prochain puisque ses thèmes de prédilection, ce qu’elle appelle les 3 « e » emploi, éducation, environnement sont en tête des préoccupations des français. D’où aussi, une petite rectification assez cohérente venue du chef de l’Etat qui a souhaité traiter, hier ces sujets lors d’une conférence presse consacrée au grand emprunt. Donnant ainsi à ce thème un volume médiatique plus important. Le thème précédemment envisagé pour occuper la campagne, l’identité nationale et l’immigration, jugés finalement moins porteurs, et s’avérant totalement incontrôlables, n’ayant fait l’objet que d’une tribune dans le Monde. Oui le président a fait une conférence de presse ! C’est une de vos marottes, Thomas… Alors ça y est, Nicolas Sarkozy s’y met… ?Oui, calmons nous ça fait deux en deux ans et demi ! C’est vrai que c’est déjà mieux qu’une seule mais nous sommes toujours dans l’ère de la communication politique à papa. Une conférence de presse d’une heure et quart qui commence par ¾ d’heure de discours sans questions !...suivi de 6 questions…le compte n’y est toujours pas. Vous avez peut être entendu Dominique Paillé, le porte parole de l’UMP, hier sur cette antenne, expliquer que le président avait choisi la forme de la conférence de presse pour donner plus de solennité au sujet ! Tout est dit ! C’est ça le problème : ce sujet, comme beaucoup d’autres n’a pas tant besoin de solennité que de transparence, de clarté… abordé lors de conférences de presse moins formatées, moins encadrées et (pour tout dire) moins coincées avec possibilité de relances si la réponse est évasive. Un exercice qui, s’il était banalisé, comme dans bien d’autres pays démocratique, nous éviterait sans doute bien des malentendus et bien des polémiques inutiles.

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