Quand on s'interroge sur le retour des "patriotismes", il faut parler des "patriotismes" au pluriel. Du patriotisme continental, national et local.

Ici, à Lille, par exemple est-on d'abord et surtout Européen, Français, nord-pas de calaisien, nordiste ou lillois ? On peut tout être à la fois, on peut vibrer, j'imagine, pour le LOSC autant que pour l'équipe de France.Mais la question se pose, en ce moment en politique parce que, plus que jamais, on s'aperçoit que pour remédier à la crise qui nous submerge, les solutions sont européennes. Un nouveau traité, toujours plus de convergence, des abandons de souveraineté plus ou moins assumés. Ces idées défendues par tous les chefs d'Etat et de gouvernements d'Europe, à l'exception de David Cameron, devraient, logiquement se traduire par une valorisation du continent. On devrait faire en sorte que l'on se sente toujours plus européen. Le sondage IPSOS que publie LeMonde, pour alimenter les débats de cette journée lilloise, montre que les français sont attachés à l'Europe. mais cet attachement n'a rien à voir avec une forme de patriotisme autour du drapeau européen. Il n'y a pas de sentiment d'une appartenance européenne très forte, alors que tous les jours on nous explique que nos destins sont liés. Et paradoxalement, c'est le moment que choisissent les candidats à l'élection présidentielle, même les plus européens d'entre eux (Hollande et Bayrou), pour nous resservir du « produire et acheter Français ». Le cadre des solutions n'est pas celui de l'élection. ce qui pose un problème démocratique.Cependant il est un autre patriotisme qui est aussi à la mode. c'est le patriotisme local. Avec la décentralisation, chaque grande ville, département ou région tente au maximum de se valoriser et l'identité locale redevient une notion moderne. On n'a pas voulu se séparer du numéro de département sur nos plaques minéralogiques. Le problème, là encore c'est que les entités cohérentes pour l'action publique, ne correspondent pas forcement à la réalité du sentiment d'appartenance. Demandez à n'importe quel Français d'où il est, il vous répondra par le nom d'une ville ou d'un département. rarement par le nom d'une région et jamais par celui d'une communauté de commune. Ce sont pourtant ces deux entités (région et communauté de commune) qui sont les mieux calibrés à la gestion de la vie publique. Aucun gouvernant n'ose vraiment s'attaquer à la structure administrative de la France en ciblant les 36.000 communes et les départements. Les départements qui avaient été conçue par les révolutionnaires, sur une idée de Sieyès, pour casser l'idée de province, avaient une taille étudiée pour que l'on puisse venir en une journée, au plus, à cheval à la préfecture. Aujourd'hui son format est dépassé. Mais la réforme territoriale, voulue par Nicolas Sarkozy prend bien soin de préserver municipalités et départements qui représentent encore le meilleur maillage démocratique du pays. Le sentiment d'appartenance, local, national ou continental est finalement assez protéiforme et variable. Prenez Martine Aubry. Ce matin quand nous la recevront ici, chez elle à Lille, elle sera forcement lilloise d'abord. Si elle avait gagné la primaire socialiste elle aurait été obligé d'être en toutes circonstances française. Martine Aubry si on l'interroge sur la fédération Pas-de-Calais, son patriotisme départemental nordiste.

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