La France Insoumise fait appel de la sanction contre François Ruffin qui avait porté un maillot de foot dans l'Assemblée…

François Ruffin en maillot d'une équipe locale, pour rappeler combien le bénévolat est important
François Ruffin en maillot d'une équipe locale, pour rappeler combien le bénévolat est important © Capture écran d'une vidéo France Bleu

Oui, et cette affaire montre que l’Assemblée peut retrouver une partie de la fonction que doivent avoir les parlements : être le lieu où se fait la loi, où se contrôle l’exécutif certes  mais aussi le lieu où quelques tribuns font remonter (pas toujours en termes classiques ou policés) des colères, des frustrations ou simplement des aspirations de la population. En défendant le projet d’un député centriste de taxation des transferts dans le foot professionnel au profit du sport amateur, François Ruffin, de LFI, s’était présenté, la semaine dernière, en séance, avec le maillot vert du petit club de foot d’Eaucourt-sur-Somme. Le président de séance a alors suspendu les débats. 

Au-delà de l’exigence d’une tenue descente (l’indécence d’un maillot de sport est à démontrer), c’est vrai qu’il est compliqué d’admettre qu’un vêtement puisse être utilisé à l’Assemblée comme argument politique ou élément de propagande. On voit les dérives possibles (uniformes militaires ou habits religieux). Le président de l’Assemblée est dans son rôle quand il rappelle ces risques… Mais c’est quand même étonnant d’entendre François de Rugi, cet ancien Vert (au look, certes, plus notarial que zadiste) dénoncer, outré, je cite, « l’extravagance vestimentaire» et souhaiter une sanction. 

Rien dans le règlement de l’Assemblée –concernant la tenue vestimentaire-  ne permet d’infliger « un rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal » et une amende. Le député a donc été puni pour « provocation » parce qu’il est réapparu, à la tribune cette fois, avec son maillot de foot. Pourtant, le maillot, ici, n’était pas une revendication, un attribut identitaire, religieux, ni un drapeau. C’était comme une illustration, un élément du discours de l’élu de la Somme. 

Oui parce qu’il faut quand même revenir au fond de son discours…François Ruffin voulait parler des bénévoles associatifs

Avec cette métaphore : le mystère des maillots pliés (d’où le maillot). Tous ceux qui ont fait du foot, du rugby, du hand, du volley dans un club amateur comprennent l’image. Comment, à chaque match, les enfants disposent de maillots lavés et pliés, de casse-croûte et d’une pharmacie pour les bobos du sport ? Grâce aux bénévoles qui permettent aux enfants de s’accomplir dans des sports d’équipe en apprenant à agir collectivement. Ça n’a pas de prix pour une société, mais ce n’est pas payé ! 

Les collectivités locales étant financièrement contraintes, l’idée (bonne ou mauvaise, réaliste ou pas) de taxer les transferts indécents du foot, vaut bien un débat. Et dans ce débat…il n’est pas inutile de rappeler le rôle de ces bénévoles qui font vivre ce que la France a sans doute de plus précieux dans son organisation collective : son tissu associatif. 

François Ruffin a été « représentant du peuple » pendant cette séance. J’avais comparé les pratiques et les mots, souvent provocateurs, de ce député singulier à ceux du Père Duchêne et des hébertistes. Il n’avait pas aimé et il avait raison car il n’est jamais vindicatif ni violent comme le fut Hébert, le journaliste extrémiste de la révolution. Ruffin, plus inspiré par Capra, se rêve plutôt en Mr Smith au Sénat. 

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