Ce week-end le Conseil National de LR a tourné au calvaire pour Nicolas Sarkozy.

Ce fut l’une des stations les plus pénibles du chemin de croix qu’il gravit depuis son retour en 2014. Ce devait être une démonstration d’autorité, ça a été une séance d’humiliation ou pire en politique, d’indifférence. Les grands ténors ont ostensiblement boudé le discours de clôture. Juppé avait une impérieuse obligation à Bordeaux, Lemaire devait fêter la St Valentin avec sa femme… Il a dû hésiter avec « j’peux pas j’ai piscine ». C’est ce WE que Raffarin a choisi pour officialiser son soutien à Juppé, que NKM a fait savoir qu’elle sera candidate. La seule chose tranquille qui devait arriver à Nicolas Sarkozy, pendant ces deux jours, se faire non-interviewer par la présentatrice du 20H de TF1, aura été gâchée par JF Copé qui, incroyable affront, au même moment sur France 2, se déclarait, lui aussi candidat à la primaire. Avant cela, le numéro 2 du parti Laurent Wauquiez, sur lequel il pensait pouvoir compter, a même torpillé, par un discours droitier caricatural, la tentative de rassemblement que voulait susciter le supplicié Sarkozy.

Il a quand même de bonnes nouvelles : son livre est un succès de librairie !

Oui, mais il semble confondre succès de librairie et capacité à se faire élire. Si c’était lié, Philippe de Villiers serait le prochain président. Mais la principale erreur de Nicolas Sarkozy, c’est de croire que les partis ont encore de l’importance à l’heure des primaires ouvertes et des réseaux sociaux. Il voulait créer un grand mouvement moderne avec 500.000 militants. Résultat, il y en a moins de 240.000, sans aucune structure de débat interne. LR s’avère être une écurie présidentielle, pyramidale, à l’ancienne, du type RPR. Quand N.Sarkozy est sorti de son silence après un an et 1/2 de retraite, il devait casser la baraque, tout emporter sur son passage et tuer la primaire de sa suprématie évidente. Il ne pensait pas s’engager sur le Golgotha mais sur une voie autrement plus aisée ! Il disait, texto « jusqu’ici j’étais sur des routes de campagne, mais là je prends la rocade d’accès à l’autoroute et plus personne ne pourra m’arrêter ». Puis, loin de mourir, la primaire s’est avérée incontournable et Alain Juppé s’est imposé, depuis plusieurs mois, doté d’une popularité insolente, gonflée par une opinion de gauche et de modérés qui ne veut pas de Sarkozy et ne croit plus en Hollande. Comme tous les politiques d’envergure qui n’aiment rien tant que de revenir de l’enfer, que d’asseoir leur légende en renaissant de leurs cendres, Sarkozy sait trouver, au milieu de l’orage, le petit coin de ciel bleu, pour reprendre espoir. Il y en a un ce matin, aléatoire et fragile comme un sondage : une enquête Opinion Way le fait progresser de 5 points et fait chuter A.Juppé de 8. Ce dernier reste tout de même largement plus populaire. Nous entrons-là vraiment dans la compétition des primaires de la droite. Une compétition de personnalités…qui peine encore à devenir une confrontation d’idées. Il faut espérer que ça le devienne vite, ce serait un exercice démocratique utile, puisque la plus forte probabilité c’est quand même que le vainqueur de ces primaires soit le prochain président de la République.

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