"Sarkozy sauveur du Monde"... "Je vois déjà votre air abasourdi et j'anticipe vos muettes interrogations. Mais qu'est-ce qui lui prend, pourquoi un tel enthousiasme ? Vous n'y êtes pas... "Sarkozy sauveur du monde", je vous parle d'un certain Guillaume Sarkozy, et du fameux quotidien du soir de feu Beuve-Méry, "Le Monde". Car figurez-vous que pendant que "Le Monde" s'enfonce dans une crise sans précédent, nouvel épisode hier avec le rejet de la candidature d'Eric Fottorino à la présidence du directoire du groupe, pendant que les journalistes s'inquiètent de leur sort, de l'avenir de leur journal, et bien un homme pointe le bout de son nez devant la porte d'un des organes essentiels de la gouvernance du groupe, cet homme c'est... Guillaume Sarkozy, frère aîné du président. Guillaume Sarkozy, ex candidat malheureux à la présidence du Medef, est depuis septembre 2006, délégué général du groupe Médéric, un fleuron de la protection sociale complémentaire, par ailleurs "actionnaire externe" du journal "Le Monde", et donc présent en qualité au Conseil de surveillance dudit journal qui a son mot à dire sur la désignation des dirigeants. Depuis plus d'un an, Guillaume Sarkozy avait laissé sa place à l'ex directeur de Médéric, mais il se trouve que depuis quelques semaines, il fait des pieds et des mains pour récupérer son fauteuil, et donc son droit de vote. Il aurait d'ailleurs envoyé plusieurs lettres recommandées à Alain Minc, président du conseil de surveillance, pour faire valoir ses droits, lettres pour l'instant restées sans effet. Un Sarkozy au Monde, mais pour faire quoi ? Là, les interprétations divergent. Il y a ceux qui au sein du journal réagissent au tropisme familial. Après les amitiés sinon coupables, en tout cas dangeureuses de Nicolas Sarkozy avec les Bouygues, Lagardère, Bolloré et Arnault, tous propriétaires d'un groupe de presse, le président serait-il aidé par son frère pour investir tous les médias français, avoir au moins un oeil et un pied partout ? Le soupçon flotte. Mais le sentiment qui domine, notamment à la Société des Rédacteurs du Monde, c'est que Guillaume Sarkozy pourrait bien à l'inverse être une bouffée d'oxygène. Oui, bouffée d'oxygène. Guillaume Sarkozy aurait fait savoir à quelques éminents représentants de la rédaction, que s'il voulait intégrer le Conseil, ce n'était pas, lui pour prendre ses ordres chez Minc, Alain Minc, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, soupçonné par certains de mener une opération de déstabilisation du journal notamment en menant en sous main des négociations avec Lagardère et le groupe espagnol Prisa. Non, lui viendrait en toute indépendance d'esprit et d'initiative. Guillaume Sarkozy ennemi de l'intérieur pour le président de la république, et défenseur de l'indépendance éditoriale et capitalistique d'un emblème de la presse française ? Avouez que ça ne manquerait pas de sel... On sait les relations difficiles entretenues depuis leur plus tendre enfance par les 2 frères, "tu ne me fais pas peur", avait coutume de répéter le petit Nicolas au grand Guillaume, "je suis assez grand pour prendre mes décisions tout seul" a pris l'habitude de lui rétorquer son aîné. Voici donc un nouvel épisode de l'histoire de Cain et Abel en toile de fond d'une des crises les plus graves traversées par l'un des plus grands journaux français : "Le Monde".

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