Oui, des parlementaires En Marche s’apprêtent à créer un sous-groupe dit « social », des macronistes de gauche, comme il y eut les gaullistes de gauche.

LREM et la monarchie présidentielle
LREM et la monarchie présidentielle © AFP / Andreas SOLARO

En réalité, les députés de  la majorité mettent en place des instances de débats pour discuter, entre eux, de grandes lois comme la loi asile-immigration pour laquelle il y a des avis très divergents. Il ne s’agit pas de fronde interne puisque le parti lui-même ne dit rien ! Du moins, ce que disent ses dirigeants, qui restent de parfait inconnus, n’a aucun poids parce que LREM n’a pas événements historiques référents, pas de socle idéologique clair ! On ne peut pas citer de grands penseurs, de grands hommes dans la lignée desquels elle serait. Tout est au pire du vide, au mieux en train d’être inventé, non pas par un collectif mais par un homme – Emmanuel Macron - qui crée une ligne en exerçant le pouvoir ! Et comme les maîtres mots sont l’audace, l’efficacité, le pragmatisme et le dépassement du clivage gauche-droite, tout est possible !

A l’exemple de  Notre-Dame des Landes

Oui, on nous promet une décision ferme et tranchée. On se doute, en raison de l’état des finances et surtout d’une situation d’ordre public dangereuse, que le gouvernement va décider l’abandon du projet. Cette décision, prise selon la loi du moindre emmerdement, sera habillée de raisons politiques de fond, expliquée par la cohérence avec la transition énergétique, donc la fin les grandes infrastructures voraces. Mais la poursuite du chantier aurait tout aussi bien trouvé ses arguments macrono-compatibles : développement économique, respect de la démocratie locale. D’ailleurs, rien que pour la journée d’hier, 2 responsables de la majorité se sont exprimés sur ce sujet dans un sens opposé : François Bayrou contre le projet, Richard Ferrand pour, sans que l’on songe à parler de couac. 

Plus besoin d’opposition, les débats utiles sont à LREM. Immigration, écologie, sécurité (même diplomatie, sur la Syrie par exemple) le macronisme -trop frais, pas assez fini pour être mis en contradiction avec lui-même- peut pencher d’un côté ou de l’autre sans se dédire ! L’idée maîtresse censée structurer l’idéologie En marche, c’est le dépassement du clivage gauche-droite, la grande cohérence centrale et centriste. L’immense espace politique central (élargi par les outrances d’une droite qui décrit le président comme un mauvais Français déraciné et une gauche qui ne le voit que comme le président des riches…), cet immense espace, donc, n’est occupé que par un seul homme ! Il laisse sa majorité s’y ébrouer un peu avec chacun des débats (plus ou moins sécuritaire, plus ou moins écologique, plus ou moins libéral, plus ou moins laïc)… Et puis il tranche en majesté. 

Le général de Gaulle avait créé la Vème république pour un président à l’autorité olympienne et arbitrale, au-dessus d’un monde politique fait pour animer le débat, pas pour décider. Ça n’a jamais vraiment marché. Mais les circonstances (notion parfaitement gaullienne) et aussi le talent d’Emmanuel Macron, qui se présente comme un grand modernisateur, font de lui –pour l’instant- le président type de la monarchie républicaine telle que l’avait voulu le Général… il y a maintenant 60 ans

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