Les réactions politiques au grand débat…

Réactions négatives des principaux opposants. LFI et le RN ne veulent pas en entendre parler. LR est divisé mais Laurent Wauquiez le dézingue. Seuls les socialistes et les écologistes disent ‘banco’. Le refus de Mélenchon, Le Pen et Wauquiez est significatif de la personnalisation à outrance de notre vie politique. Ils mènent maintenant un combat ad hominem contre Emmanuel Macron, plus que contre son action ! Macron, certes, fixe des limites, non pas au débat mais à ce qu’il entend en faire ! Seulement un débat ouvert à tous est par nature –surtout chez nous- un objet vivant! Le président ne résisterait pas, sans dommages politiques, à un thème ou une mesure (hors cadre) plébiscité d’en bas. Qu’est-ce qui empêche un parti d’investir en masse le grand débat pour y faire prévaloir ses solutions ? Le gouvernement ne veut pas remettre en cause le détricotage de l’ISF ? Mais ceux qui décideraient quand même de porter le sujet trouveraient derrière eux 70% des Français ! Les opposants qui refusent le débat ont-ils renoncé à convaincre sur le fond, préférant ne cibler que la légitimité ou la personnalité du président ? Ils disent se méfier du traitement de ce qui sortira de ces discussions… Ils ont raison de se méfier ! Mais ils crient avant d’avoir mal et il sera toujours temps de dénoncer la manipulation s’il s’avère que le gouvernement décide de noyer les réponses qui ne lui conviendraient pas. Dénigrer par avance un exercice démocratique à inventer par ceux qui y participent, voilà qui dénote d’un esprit revanchard et calculateur de la part de ces perdants de 2017. D’autant que le débat est une occasion inespérée, par exemple pour LFI, de démontrer que les préoccupations des Français sont plus sociales qu’identitaires et, ainsi,   d’écorner l’idée dominante selon laquelle le sens de l’histoire souffle forcément vers la droite dure. Ou pour le RN de démontrer l’inverse ! Privilégiant le combat au débat, ils craignent l’épreuve révélatrice et préfèrent rester dans l’efficacité tribunicienne des fantasmes qu’ils entretiennent.

Peut-être flairent-ils une manœuvre du président qui chercherait à redorer son blason !

Ils n’ont sans doute pas tort mais c’est un mauvais calcul stratégique, doublé d’une irresponsabilité démocratique que de dénigrer le débat pour autant. Ce débat est déjà, en lui-même, l’aveu d’échec d’un président qui avait eu la prétention de réformer seul, d’en haut, dans une position de surplomb en contradiction avec sa promesse de campagne. Surtout, le rôle des partis, dans une période sans élections, n’est-il pas de faire remonter les préoccupations, les colères, de les recycler en propositions ? Mais le ‘tout ou rien’ protestataire, la défiance par principe, trahit le fait que ces opposants sont d’abord attachés à la chute d’Emmanuel Macron. Ces mêmes responsables qui dénoncent –à juste titre - le fonctionnement du parlement qui ne prend pas la peine d’examiner sérieusement les amendements de l’opposition, refusent l’ouverture que le président est obligé de concéder sous pression des gilets jaunes dont ils soutiennent la cause. Si Jacques Vendroux était en charge de cet édito, il dirait que Mélenchon, Le Pen et Wauquiez jouent l’homme plutôt que le ballon. 

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.