François Hollande est à la veille d’avoir plus de pouvoirs que la gauche n’en a jamais eus dans le pays

Oui, avec déjà la grande majorité des collectivités locales, avec l’exécutif, le Sénat et d’après les derniers sondages, plus de 289 députés, c'est-à-dire la majorité absolue à l’Assemblée, pour les seuls socialistes... Ne lui manquera qu’une majorité qualifiée des deux assemblées (qui aurait impliqué une chambre des députés avec plus de 377 parlementaires de gauche, hors de portée) pour que François Hollande puisse modifier la Constitution à sa guise. Ça ne sera pas le cas mais son pouvoir, lundi, sera plus étendu que celui dont bénéficiait par exemple François Mitterrand au lendemain de sa victoire historique en 81… La droite, dans les années 70 avait connu un pouvoir plus large avec les assemblées et la main mise sur les départements et régions par le biais des préfets, puisque c’était avant la décentralisation. Face à ce pouvoir inédit pour François Hollande il nous faut invoquer Stan Lee… Connaissez-vous ce grand penseur Américain qu’était Stan Lee ?

C’est l’auteur de cette très belle maxime qui devrait être gravée au fronton de tous les lieux de pouvoir : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Stan Lee, c’est le scénariste de Spiderman et cette phrase : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » c’est ce que l’oncle de Spiderman Ben Parker déclare au jeune Peter Parker (le vrai nom de Spiderman) quand celui-ci lui avoue qu’il est doté de super-pouvoirs !

Dès lundi, cette maxime va s’appliquer à François Hollande !

Qui n’est pas l’homme araignée mais qui sera l’homme qui va régner et sera doté de super-pouvoirs politiques. Sa responsabilité très rapidement, ce sera d’abord de nous dire la vérité sur les comptes de la Nation. Pierre Moscovivi a déjà dit hier que la croissance sera plus faible que celle prévue. La Cour des comptes doit rendre, à la fin du mois de juin, les résultats de son audit… Le gouvernement définira alors les domaines de l’action publique sur lesquels il y aura lieu de faire des économies. Ces domaines auraient certainement pu être définis et rendus publics plus tôt, mais bon, il y avait les élections… La Cour des comptes nous expliquera que l’état des finances publiques est pire que ce que l’on avait prévu… Fort des marges de manœuvres politiques inédites dégagées pour la nouvelle majorité, il sera temps d’enfin dépasser le discours sur les priorités (que l’on connait maintenant par cœur –éducation, recherche, justice) pour définir les secteurs où il y aura des coupes ou des gels budgétaires…et pas simplement pour faire plaisir à Angela Merkel mais pour respecter la promesse présidentielle du retour à l’équilibre en 2017. Parce que le premier président de la Cours des comptes, Didier Migaud (qui rappelons-le, s’il n’avait pas été nommé à ce poste par Nicolas Sarkozy, serait aujourd’hui sans doute ministre du budget) ne cesse de répéter depuis des mois qu’il faut de nouvelles recettes (ça c’est prévu avec la réforme fiscale) mais aussi réduire les dépenses ! Didier Migaud l’a encore dit devant la commission des finances du Sénat le 30 mai. Alors lundi on sort de la campagne… La vraie vie commence, sans super-pouvoirs mais avec ses vrais chiffres !

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.