Emmanuel Macron s’est-il réinventé, comme promis ? Si l’on en croit les mots prononcés, oui ! Selon ses mots, le voilà écolo-souveraino-patriotico-républicain ! Il y aurait une relance solidaire et écologique.

La rénovation thermique des bâtiments est l’un des critères souvent mis en avant par  les écologistes eux-mêmes pour évaluer la réalité d’une relance verte.  Cette rénovation est annoncée. La relance passera aussi, dit le  président, par plus de moyens pour l’école, les hôpitaux… de quoi réjouir les keynésiens et la gauche. Mais ce sont, pour  l’instant, des mots et il va falloir attendre le détail des plans. Sur  l’ampleur de la révolution écologique, on n’attendra pas très longtemps  puisque la Convention citoyenne, cette assemblée de Français tirés au sort qui planchent sur le sujet, rend ses conclusions  fin juin. Elle devrait proposer des solutions assez radicales. Quel sort  leur sera réservé ? De même le président a annoncé, rien que ça… un  nouvel acte de décentralisation. Tirant la leçon des ratés de la gestion du Covid, assez vite exposés, par ce terme  sibyllin ‘lourdeurs d’organisation’, derrière lequel il faut entendre ‘catastrophe bureaucratique’, Emmanuel Macron, veut déléguer des pouvoirs. Donner des responsabilités aux élus locaux, aux ‘corps intermédiaires’, terme qui n’était pas  dans son vocabulaire d’avant… Il veut en finir avec les outils du  jupitérisme. Là encore, les mots prononcés peuvent indiquer une  révolution décentralisatrice. Tout dépendra donc du détail de la réforme, des pouvoirs réellement transférés. Attendons les  annonces précises.

Sur la question du racisme, le président, là, a précisé sa pensée.

Et  elle est claire, ce n’était pas le cas avant. On se souvient que  pendant la campagne, Emmanuel Macron avait été, sur ces sujets, plutôt  de l’avis de ceux à qui il s’adressait. Il était donc flou et avait laissé penser qu’il avait quelque intérêt  pour le modèle communautariste anglo-saxon. Il n’y a plus d’ambiguïté…  il refuse ce qu’il appelle ‘le séparatisme’, cet antiracisme basé  sur la reconnaissance des différences plus que la recherche de l’universalité. Il s’inscrit dans le modèle  républicain classique et refuse que soit revisitée l’histoire et que  soit déboulonnée la moindre statue. Cependant, on sait que le président  réfléchit en ce moment à un discours qui soulignerait les crimes de la colonisation, sur ce ‘passé qui ne passe pas’.  Ce qui ne serait pas, au contraire, une entorse à l’esprit républicain.  Plus personne ne devrait être discriminé selon son nom, son adresse, sa  couleur de peau, dit aussi Emmanuel Macron… Là rien de nouveau dans le discours ; juste une réaffirmation de base.  Cela va-t-il avec une vraie politique de déghettoïsation ? On ne sait  pas… Le président a dit beaucoup de choses potentiellement fortes…  Potentiellement… C’est la limite de ces interventions surplombantes, de ces monologues sécurisés et solennels. Comme quoi, la  présence de journalistes, ça peut servir… Depuis le début de la crise,  Emmanuel Macron n’a jamais été vraiment interrogé. Une bizarrerie bien  embarrassante pour une grande démocratie. 

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