Le gouvernement maintient cet interdit, au moins jusqu’à la fin du mois, alors que l’on sait maintenant que sur 1000 cas, une seule personne se contamine à l’extérieure.

Rassurez-vous, je ne vais pas faire l’éditorialiste-épidémiologistes-génération-spontanée, ni faire le coup du bon sens populaire avec avis aussi éphémère que péremptoire sur le masque. Juste me borner à constater que, depuis le début de la pandémie, le masque est le point de fixation du rapport crispé entre l’Etat et la population et inversement. Le port du masque est un geste de rigueur collective, dont on peut comprendre qu’il fasse l’objet d’une obligation mais c’est aussi un geste éminemment intime, qui bâillonne, annihile l’expression. Il abime l’altérité, les relations humaines et sociales. 

Recevoir un ordre de l’Etat sur notre façon de respirer, de parler, d’exprimer des sentiments, même pour les meilleures raison sanitaires du monde, n’est pas anodin. 

Pourquoi continuer à imposer le masque à l’extérieur s’il est avéré qu’il ne sert à rien en milieu ouvert ?

Ce n’est pas pour l’extérieur mais pour les intérieurs ou nous nous rendons. Si l’on sort, la plupart du temps c’est pour aller dans un autre endroit clos : transports publics, magasin, travail … Et là il faut le masque. Pour être certain que le masque est bien mis partout où il est nécessaire, il faut (estiment les autorités) le rendre obligatoire, même là où il n'est pas nécessaire! Une surrèglementation qui se conçoit au début de la pandémie quand la population n’a pas encore l’habitude mais qui est mal vécue quand tout le monde (ou presque) manie le masque à bon escient.  

Au tout début de la pandémie, la France n’avait pas assez de masques et les scientifiques n’étaient pas unanimes sur son utilité, alors l’exécutif s’était construit un argumentaire sur l’inutilité du masque. Argumentaire qui correspondait en fait à la pénurie. Aujourd’hui, chacun est informé de l’utilité (ou pas) du masque selon les circonstances. Ne serait-il pas temps de laisser la population responsables de ses actes à l’extérieure, de prendre une décision qui corresponde à la nécessité médicale bien comprise, cesser les interdits globaux basés sur une psychologie de masse surplombante qui avait pour but de s’assurer que le masque soit bien mis là où il est nécessaire ?

Les autorités craignent que lever cet interdit envoie un mauvais signal

Mais justement continuer, outre mesure, à raisonner en signaux envoyés à un peuple qui réagirait de façon pavlovienne à des signaux, plutôt que de le considérer comme responsable, sachant distinguer les dangers… serait la moindre chose après plus d’un an d’expérience populaire du masque. 

Les décisions prises pour, comme nous disent en off les gouvernants ‘ne pas donner le sentiment que … sont ressenties comme une infantilisation. Appeler à la responsabilisation c’est bien, offrir la latitude pour exercer cette responsabilité c’est mieux. Parce qu’au fond les français sont beaucoup plus râleurs qu’irresponsables.

L'équipe