Par Marc Fauvelle.

Ce matin, vous vous mettez aussi à l’heure de la Croisette !

Après tout si le cinéma a toujours été fasciné par la politique, pourquoi l’inverse ne serait-il pas vrai ?

La preuve nous en est donnée aujourd’hui encore, avec la sortie en salles du film Le Pouvoir , le documentaire de Patrick Rotman qui s’est plongé dans le décor de l’Elysée et de son acteur principal... Comparer politique et cinéma, c’est d’abord reconnaître qu’il y a une part de jeu dans la vie politique. De jeu, J-E-U au sens où l’on entre sur la scène publique, ou l’on doit y tenir son propre rôle... On a suffisamment reproché, ici-même par exemple, à François Hollande ne pas avoir endossé ce costume de chef de l’Etat, d’être resté "Monsieur petites blagues", trop naturel, bref, de ne pas « faire » assez président, comme si l’accession à l’Elysée nécessitait une forme de métamorphose semblable à celle de l’acteur arrivant sur les planches. Idem, d’ailleurs pour Nicolas Sarkozy, dont les sorties publiques, du « casse toi pauv’ con », au « descends, si t’es un homme », ne correspondent pas à ce qu’on attend d’un président, ou d’un homme politique. De la distance avec son public, une stature, une incarnation de la République... L’autre point commun, c’est bien sûr la parole, l’art oratoire… ça ne veut pas dire que la politique se résume à des mots, à du vent, mais le discours politique doit aussi savoir faire vibrer pour faire passer des idées. L’un ne va pas sans l’autre. Le timbre du général de gaulle, la façon qu’avait Mitterrand de susurrer ou Chirac de sur-jouer, tout cela bien sûr, participe du personnage politique qu’ils s’étaient construits…

Et on peut pousser la comparaison entre politique et 7ème art encore un peu plus loin ?

Imaginons les films qui pourraient résumer notre vie politique aujourd’hui en 2013. Le plus évident bien sûr, le plus d'actualité, c’est Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? pour résumer la situation à Bercy... Sept passagers, dont on ne sait plus lequel précisément tient le manche de l’économie française... Pour François Hollande, ses partisans choisiront L'exercice de l'Etat , ou alors Les saveurs du palais , ses adversaires préféreront plutôt L'Imposteur .

Pour Jean-Marc Ayrault, critiqué pour son effacement, ce serait L’homme de l’ombre à la tête d’une majorité de Tonton flingueurs , ou digne du bal des casse-pieds . A droite, il y a le choix, pour sous-titrer l’accord conclu hier soir sur les primaires en 2016. Soit Le Grand Pardon , pour les optimistes, soit La Grande Illusion , pour les pessimistes, voire même La guerre est déclarée . Mais là, la sortie en salles n'aura lieu que dans trois ans... François Fillon, qui n’en finit plus de se démarquer de Nicolas Sarkozy, serait naturellement l'un des Affranchis de Martin Scorsese. Quand à Jean-François Copé, là, j’avoue que j’ai eu un peu de mal... il y a certes un vieux film italien des années 70, Pain et Chocolat , mais on pense aussi au Petit Nicolas , dans sa façon de revendiquer l'héritage de l'ancien président. Pour Nicolas Sarkozy, justement, Retour vers le futur , ou Retenez moi ou je fais un malheur semblent les plus appropriés.

On pourrait continuer à l'infini..... Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche, nominés pour le remake des 12 salopards , Marine Le Pen, Je règle mon pas sur le pas de mon père ... Mais ce serait sans doute oublier le plus mauvais film de l'année écoulée, le nanar qu'on aurait préféré ne jamais voir, avec au générique, Jérôme Cahuzac. Et là il n’y a que l'embarras du choix. C’est à la fois La vérité si je mens , Zéro de conduite , Prends l'oseille et tire-toi , et même Un éléphant ça trompe énormément .

Je suis sûr que vous aurez beaucoup mieux que ça cette année sur la croisette !

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