Ce matin, vous dites que l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes ne se fera pas !

Oui… enfin, c’est plus un pronostique bien informé qu’une certitude officielle. Vous vous souvenez que devant la contestation menée par les écologistes, des agriculteurs et des militants de mouvements alternatifs et après les heurts avec les gendarmes en novembre dernier, le gouvernement avait décidé d’installer une commission du dialogue en gelant les travaux pendant six mois. Nous y sommes presque et le président de cette commission, s’est exprimé dans Le Monde il y a quelques jours de façon assez surprenante. Monsieur Chérau (c’est le nom du président de la commission) dit qu’il n’a été convaincu, ni par les arguments des pros, ni par ceux des antis Notre-Dame-des-Landes. Or c’est bien connu, quand on hésite à doubler un camion… il ne faut pas le doubler. Le but de la commission du dialogue n’était pas d’aboutir à un avis pour ou contre, pourtant son président se permet d’affirmer ceci : « Tout dossier qui attend une trentaine d'années perd beaucoup de ses possibilités de conviction. […] Les arguments justifiant sa construction ont beaucoup varié dans le temps. Certains datent, d'autres sont devenus moins prioritaires », fin de citation. La commission pourrait préconiser de nouvelles études d’impact. Ce qui aurait l’effet de retarder un projet dont cette même commission semble déjà considérer qu’il est trop ancien pour rester pertinent. C’est exactement ce qu’il convient de rendre comme avis quand on veut signifier au pouvoir politique que le mieux serait d’arrêter les frais.

Surtout que l’Europe s’en mêle et pose un sacré verrou à la construction de Notre-Dame-des-Landes.

Oui, Bruxelles rappelle qu’il existe une directive européenne qui prévoit que lorsqu’un Etat membre construit une telle structure sur une zone humide, il doit s’engager à la compenser par l’irrigation d’une zone deux fois plus importante dans le même bassin versant. C’est assez compliqué mais dans le cas du site de Notre-Dame-des-Landes, ça paraît géographiquement impossible. Il y a aussi, sur le terrain, une implantation de militants alternatifs qui préparent pour cet été, un grand rassemblement, un happening façon Larzac. La contestation anti Notre-Dame-des-Landes mobilise tout un tas de mouvement autonomes, anarchistes, écologistes et décroissants. Ils interrompent toutes sortes de manifestations politiques et culturelles à travers le pays et bien des responsables PS trouvent que le projet fétiche de Jean-Marc Ayrault commence à être politiquement assez encombrant et coûteux alors qu’on leur demande toutes sortes d’efforts financiers. Il y a déjà assez de dossiers économiques et sociaux qui séparent le PS et la gauche de la gauche comme ça ! Les membres de la délégation des écologistes qui ont été reçus à l’Elysée à la fin de l’année dernière ont été agréablement surpris d’entendre le Président leur expliquer qu’il avait demandé au Premier ministre de prendre un peu de distance personnelle vis-à-vis de ce projet nantais. A Paris, Jean-Marc Ayrault semble bien le dernier responsable vraiment convaincu que Notre-Dame-Des-Landes doit être construit… mais déjà Matignon dit pouvoir envisager qu’un nouveau calendrier puisse être établi après la remise du rapport. « Un nouveau calendrier » pour une décision politique c’est un peu comme quand un couple commence à se dire qu’il faut prendre du champ, du recul, s’accorder du temps… généralement ça veut dire que c’est mal barré !

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