Le gouvernement veut continuer de croire que l’on peut éviter un confinement. Jean Castex répète qu’il n’hésiterait pas à décréter un nouveau confinement si c’était nécessaire, mais que pour l’instant la situation ne l’exige pas…

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Stéphane Mahe

Ces derniers jours, l’augmentation constante du nombre de cas et d’hospitalisations faisait dire à la plupart des responsables scientifiques que le confinement, au moins dans les trois régions les plus peuplées, sous pression, était inévitable.

En réalité, depuis des semaines maintenant, nous vivons cette tension entre des soignants, des épidémiologistes qui demandent un confinement le plus vite possible, et l’exécutif qui arbitre contre… 

Le critère reste le même : la décision de confiner serait prise au point d’embolie des services de réanimation… Et pour que ce point recule, tout est fait : augmenter les capacités en soins intensifs, déprogrammer des opérations, multiplier les transferts de malades. 

Ces derniers jours la position du gouvernement semblait de plus en plus intenable … 

Donc on va vers un nouveau confinement !?

A l’Elysée on continue à croire que l’on peut tenir... On s’aperçoit finalement, ces tous derniers jours, que si le nombre de patients admis en réanimation est plus important, et même que les séjours y sont plus longs, il y a pourtant moins de morts chaque jour. Moins de deux cents ; ça reste énorme, bien sûr mais ça baisse. 

Ça baisse parce les EHPAD sont vaccinés et que, en raison du variant anglais, particulièrement virulent, les admis en soins intensifs sont en moyenne plus jeunes. Un tiers ont moins de 60 ans, un autre tiers, entre 60 et 69… et donc résistent mieux à leur séjour en soins intensifs. 

Donc, pourquoi confiner ? 

Une politique difficilement exposable si crument, publiquement, mais qui, au fond, est plutôt confusément comprise… Seulement cette stratégie est exténuante et difficilement admissible par un corps médical en flux tendu depuis un an maintenant. 

L’Elysée dispose d’enquêtes qui montrent que, désormais, la population – presque accoutumée (sinon habitué) à voir le virus roder - est plus inquiète des conséquences économiques, sociales, scolaires et psychologiques que sanitaires. Un peu comme si ce qui se passait derrière les murs de l’hôpital était un autre monde, que les valides refusaient de voir. 

Sous la pression des élus locaux et de l’opposition (favorable à de fortes mesures en général mais défavorable à toutes en particulier),le gouvernement se refuse à mettre la France sous cloche le temps d’un confinement qui –pense-t-il- ne serait ni accepté ni respecté. 

Nous sommes donc dans une situation étrange, avec un énorme non-dit politique, en forme de pari, compliqué à assumer publiquement. Il est d’ailleurs différent de celui de nos voisins européens : accepter que le virus continue à sévir avec les décès et les souffrances que cela suppose … le temps que le vaccin soit assez massivement administré pour créer l’immunité collective… sans être sûr du moment où cette libération interviendra… 

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