Comment assurer le pluralisme de l'information et garantir à tous les candidats un accès équitable aux media ? Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a émis le 7 novembre dernier une nouvelle recommandation à l'approche de l'élection présidentielle. Et dans les nouvelles règles du jeu, il y a notamment la volonté de mieux prendre en compte la durée de la campagne. Le CSA a donc décidé de la découper en 3 périodes, là où il n'y en avait que 2 avant. Dès le 1er décembre, nous entrons dans la campagne dite préliminaire. La règle, c'est de respecter l'équité sur notre antenne entre les candidats déclarés ou présumés. Le 20 mars, quand le conseil constitutionnel donne la liste définitive des candidats, nous entrons dans la période intermédiaire. Là ça se complique, la règle c'est l'égalité pour les temps de parole de candidat, mais l'équité pour leur temps d'antenne. Enfin, 2 semaines avant le premier tour, c'est la campagne officielle, et là, c'est l'égalité entre tous qui est exigée En pratique, c'est plus compliqué parce que le CSA ne répond pas, ou mal, à 3 épineuses questions. 1 : C'est quoi un candidat présumé ? Aujourd'hui, il y en a 36 qui ont déclaré vouloir se présenter. Faut-il leur donner à tous un temps d'antenne équitable, sachant qu'au moins une bonne vingtaine n'ira pas jusqu'au bout, quand d'autres à l'inverse, pas candidats déclarés pour l'instant, pourraient finalement être dans la course ? 2ème question : L'égalité, ok, mais comment définir l'équité ? Quelle place donner à Jean-Marie Le Pen ? Si on s'appuie sur les scores de 2002, il faut lui accorder plus de temps d'antenne qu'au candidat socialiste puisqu'il est arrivé devant ! Oui, mais il n'a pas de députés rétorque le PC, qui lui n'a fait que 3,37%, mais dispose d'un groupe à l'Assemblée. Marie-Georges Buffet "vaudrait" donc plus que le Pen? Casse-tête! Enfin le subtil distingo du CSA entre temps de parole, quand le candidat ou ses soutiens s'expriment, et temps d'antenne, quand nous journalistes parlons d'un candidat, est-il judicieux ? Si Caroline Cartier interroge des enfants sur la présidentielle, et que l'un d'entre eux s'attarde sur un candidat, parce qu'il en a entendu parler à la maison : hop il est considéré comme un soutien de ce candidat. Si Brigittte JeanPerrin rencontre un chef d'entreprise qui "dézingue" le programme économique du candidat X, pareil, ce sera mis au compteur du candidat X. Si Guy Carlier épingle, gentiment, le candidat Y et bien le CSA estimera que d'une certaine façon il fait la campagne du candidat Y. Quant à cette chronique, la seule issue que propose le CSA, c'est dans chaque édito, de citer tous les candidats en lice, afin de donner l'impression de n'en avantager aucun. Voilà, c'est un peu caricaturé, c'est vrai que le CSA, malgré sa recommandation, n'a pas encore réponse à tout. Mais après tout, un des fondements de notre démocratie, c'est bien le pluralisme, et cela vaut bien qu'on se creuse un peu les méninges pour savoir comment l'assurer au mieux !

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