Cette large partie de la France a sa spécificité : la Bretagne est toute rose. François Hollande a réalisée de très bons scores ici (à la primaire aussi), son coté social démocrate mesuré et opiniâtre aurait pu en faire un parfait homme politique Breton. D’ailleurs il s’est choisi un nantais (rassurez vous je n’ouvre pas le débat Nantes en Bretagne)… disons un grand maire de l’ouest, censé être pragmatique et ouvert, pour diriger son gouvernement. Le président écoute aussi beaucoup, en ce moment dit-on, son ami de toujours Jean-Yves LeDrian, ministre de la Défense et longtemps maire de Lorient. L’esprit de la gauche de l’Ouest est au pouvoir. Le politologue Stéphane Rozes considère même, dans la dernière livraison de la revue Le Débat qu’en mai dernier le pays a choisi « d’explorer le chemin qu’a emprunté la France de l’ouest ». D’ailleurs au centre-droit le Poitevin Jean-Pierre Raffarin, Girondin dans l’âme, a déclaré à plusieurs reprises, ces derniers temps : le grand ouest « terre de reconquête » pour la droite. Du coup Raffarin, s’est allié avec Jean-François Copé qui lui a promis qu’il y aurait des courants à l’UMP. L’ancien premier ministre de Jacques Chirac comptait bien, dès lors, inspirer une tendance modérée qui serait chargée de réinvestir ces territoires PS. C’est mal parti : on entend plus le pauvre Raffarin submergé par la droitisation opérée par Jean-François Copé.Vu le ton de la campagne interne à l’UMP, c’est plutôt François Fillon, le Sarthois placide, qui devrait recueillir, la majorité des suffrages des militants UMP du grand ouest. Mais celui qui est vraiment en embuscade pour la reconquête dans deux ans, à l’occasion des municipales c’est Jean-Louis Borloo. L’UDI, le nouveau parti centriste est mieux placé que l’UMP pour profiter d’une éventuelle disgrâce des socialistes très bien implantés à Brest, Rennes, Lorient et même Nantes.D’ailleurs le centre droit a une histoire et de solides racines ici.Oui, la droite ici est modérée et a été puissante. Le breton Jean-Marie Le Pen fait de mauvais score et le style un brin autoritaire et clivant de Nicolas Sarkozy n’était pas particulièrement apprécié en Bretagne. C’était d’ailleurs assez réciproque. Nous sommes en terre catholique, et même si, comme dans le reste du pays le catholicisme n’est plus qu’une influence ancienne, la Bretagne est quand même marquée par cette longue imbrication de l’église dans la société. Entre les deux guerres mondiales est apparue ici une forme de centre droit chrétien et républicain qui se distinguait des catholiques réactionnaires de l’Action Française. Une forme de démocratie Chrétienne. Après 45 cette force était représentée par le MRP, issue de la résistance chrétienne. Puis c’est le RPF gaulliste qui concurrence le MRP et encre pour longtemps la Bretagne et l’Ouest au centre droit. Mais depuis les années 70 et par l’entremise de ce que l’on a appelé la deuxième gauche s’est développé une gauche humaniste, associative, soucieuse de l’environnement, rétive au communisme, compatible avec les racines chrétiennes. Aujourd’hui la société du compromis social que François Hollande dit vouloir substituer à la société d’affrontement est parfaitement raccord avec l’esprit politique du grand Ouest. La Bretagne n’est pas la pointe occidentale de la France… politiquement, en ce moment elle en est plutôt l’épicentre !

Cette large partie de la France a sa spécificité : la Bretagne est toute rose. François Hollande a réalisée de très bons scores ici (à la primaire aussi), son coté social démocrate mesuré et opiniâtre aurait pu en faire un parfait homme politique Breton. D’ailleurs il s’est choisi un nantais (rassurez vous je n’ouvre pas le débat Nantes en Bretagne)… disons un grand maire de l’ouest, censé être pragmatique et ouvert, pour diriger son gouvernement. Le président écoute aussi beaucoup, en ce moment dit-on, son ami de toujours Jean-Yves LeDrian, ministre de la Défense et longtemps maire de Lorient. L’esprit de la gauche de l’Ouest est au pouvoir. Le politologue Stéphane Rozes considère même, dans la dernière livraison de la revue Le Débat qu’en mai dernier le pays a choisi « d’explorer le chemin qu’a emprunté la France de l’ouest ». D’ailleurs au centre-droit le Poitevin Jean-Pierre Raffarin, Girondin dans l’âme, a déclaré à plusieurs reprises, ces derniers temps : le grand ouest « terre de reconquête » pour la droite. Du coup Raffarin, s’est allié avec Jean-François Copé qui lui a promis qu’il y aurait des courants à l’UMP. L’ancien premier ministre de Jacques Chirac comptait bien, dès lors, inspirer une tendance modérée qui serait chargée de réinvestir ces territoires PS. C’est mal parti : on entend plus le pauvre Raffarin submergé par la droitisation opérée par Jean-François Copé.

Vu le ton de la campagne interne à l’UMP, c’est plutôt François Fillon, le Sarthois placide, qui devrait recueillir, la majorité des suffrages des militants UMP du grand ouest. Mais celui qui est vraiment en embuscade pour la reconquête dans deux ans, à l’occasion des municipales c’est Jean-Louis Borloo. L’UDI, le nouveau parti centriste est mieux placé que l’UMP pour profiter d’une éventuelle disgrâce des socialistes très bien implantés à Brest, Rennes, Lorient et même Nantes.

D’ailleurs le centre droit a une histoire et de solides racines ici.

Oui, la droite ici est modérée et a été puissante. Le breton Jean-Marie Le Pen fait de mauvais score et le style un brin autoritaire et clivant de Nicolas Sarkozy n’était pas particulièrement apprécié en Bretagne. C’était d’ailleurs assez réciproque. Nous sommes en terre catholique, et même si, comme dans le reste du pays le catholicisme n’est plus qu’une influence ancienne, la Bretagne est quand même marquée par cette longue imbrication de l’église dans la société. Entre les deux guerres mondiales est apparue ici une forme de centre droit chrétien et républicain qui se distinguait des catholiques réactionnaires de l’Action Française. Une forme de démocratie Chrétienne. Après 45 cette force était représentée par le MRP, issue de la résistance chrétienne. Puis c’est le RPF gaulliste qui concurrence le MRP et encre pour longtemps la Bretagne et l’Ouest au centre droit. Mais depuis les années 70 et par l’entremise de ce que l’on a appelé la deuxième gauche s’est développé une gauche humaniste, associative, soucieuse de l’environnement, rétive au communisme, compatible avec les racines chrétiennes. Aujourd’hui la société du compromis social que François Hollande dit vouloir substituer à la société d’affrontement est parfaitement raccord avec l’esprit politique du grand Ouest. La Bretagne n’est pas la pointe occidentale de la France… politiquement, en ce moment elle en est plutôt l’épicentre !

Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.