Eric Besson, le ministre de l’immigration, ne signera pas les décrets d’application de la loi qui institue les tests ADN. Oui et cette décision nous est présentée par Eric Besson comme une décision technique. Les encadrements du dispositif imposés dans les textes sont trop complexes pour permettre au ministre de produire les décrets d’application nécessaires. Donc, officiellement nous ne sommes pas en présence d’un ministre d’ouverture, qui ferait parler sa sensibilité de gauche en trainant des pieds pour appliquer une mesure qu’il trouverait liberticide. Mais le résultat est le même, il n’y aura pas de test ADN pour contrôler le regroupement familial. Alors cette décision, si elle a de quoi réjouir les défenseurs des droits de l’homme a de quoi inquiéter les défenseurs des droits du parlement ! C’est un peu le prolongement de la chronique d’hier sur les décisions concernant la taxe carbone arrêtées avant même que les députés se soient penchés sur la question. Là, nous avons une autre variante de l’asservissement du parlement. Les députés votent une disposition très politique, symbolique qui leur a été d’ailleurs imposée par l’exécutif en mal de symbole fort. Ils la votent…et un ministre, sans en avoir référé à aucun parlementaire, dit que non, la volonté des représentants de la nation ne sera pas traduite dans les faits ! Jean-François Copé, le président du groupe UMP n’émet qu’une timide protestation et que dire de Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée qui brille par son absence totale de réaction pour défendre le parlement régulièrement marginalisé, oublié ou instrumentalisé ?

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