Hier, les débats internes au PS… Ce matin, c’est au tour de l’UMP !

L’UMP commence à ressembler de plus en plus au PS des années 80/90 organisé en tendances. Il est toujours assez facile et efficace de railler les divisions internes au sein d’un parti mais on peut aussi se réjouir de voir un mouvement politique, se constituer de plusieurs familles de pensées qui débattent entre elles. Tant qu’aucune des tendances n’est dirigée par un leader, un tant soit peu charismatique qui pourrait faire de l’ombre au président, l’affichage de la diversité est aussi stratégiquement bénéfique pour la majorité. Cela dit, pour l’instant, l’UMP est toujours en situation d’échec. Ce mouvement créé en 2002 était censé être une union des droites républicaines, incluant le centre mais après quatre ans de sarkozysme au pouvoir, ce mouvement a perdu un pan très important de son aile modérée. Le Parti républicain de Jean-Louis Borloo qui prend le large et le maintien de François Bayrou à un niveau appréciable dans les sondages prouve que les modérés se sentent toujours mal à l’aise au sein de la droite sarkozyste. Les déclarations sécuritaires quotidiennes et volontairement « clivantes » de Claude Guéant continuent de teinter l’action de l’ensemble du gouvernement. Cependant il y a vraiment des débats, des différences d’approche au sein de l’UMP. Et ça se caractérise par trois groupes : la « droite populaire », la « droite sociale » et la « droite moderne ». La « droite populaire », ce sont ces élus du Sud qui tentent de contenir les sympathisants locaux, souvent âgés et tentés par les sirènes de la Marine FN. Leur méthode c’est de singer le discours du Front National. La droite sociale, avec Laurent Wauquiez notamment, mais aussi Christian Estrosi qui, quand on l’écoute maintenant, est en passe de devenir une sorte de Ché de l’UMP, tant il gauchise sont discours. La droite sociale est chargée d’humaniser le parti du président dans un moment de rigueur budgétaire. En fin, il y a la « droite moderne », une façon de ne pas dire la droite « libérale ».

Parce que ce mot, « libéral », n’est plus de mise à l’UMP !

Oui, et comme toujours, pour bien comprendre une situation politique il faut observer l’évolution des mots. « Libéral », donc, c’est maintenant un gros mot ! Seul Gérard Longuet le revendique encore mais en lui adjoignant prudemment l’adjectif « républicain ». Le mot « libéral », qui était très à la mode à droite, et même au centre gauche, à la fin du siècle dernier, représente aujourd’hui la dérégulation, le marché roi, le désengagement de l’Etat, bref, tout ce qui nous a conduit dans la situation actuelle. Donc les libéraux sont devenus les « modernes », on parle maintenant de la « droite moderne ». Ce qui ne veut absolument rien dire mais qui tente sans doute de suggérer que c’est une droite adaptée à son temps. « Moderne » c’est aussi le qualificatif utilisé pour la minuscule organisation prétexte de Jean-Marie Bockel : « gauche moderne » ; qui en l’occurrence veut dire « gauche adaptée non pas à son temps mais à la droite ». L’évolution sémantique la plus spectaculaire, ces dernières années à droite, justement c’est celle du mot « droite ». La droite ose se dire de droite. Pour un mouvement d’inspiration gaulliste, l’affichage du mot « droite » est même une révolution. Le père spirituel de la « droite sociale », Philippe Séguin n’aurait jamais accepté d’être affilié à une organisation étiquetée « droite ». Décomplexer la droite, c’était l’une des ambitions affichées de longue date par Nicolas Sarkozy. Pour ceux qui cherchaient une promesse tenue du président : en voilà une !

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