Et l’on se demande d’abord pourquoi Nathalie Arthaud n’est pas avec Philippe Poutou ? (Politiquement s’entend) Ou pourquoi, n’est-il pas avec elle ? Ou encore pourquoi ne sont-ils pas, tous les deux avec Jean-Luc Mélenchon ? Il n’y a, en France, que quelques milliers de militants, quelques centaines des spécialistes qui connaissent les raisons politiques, historiques ou simplement d’appareils qui expliquent que des organisations finalement si proches, qui prônent une action radicale, à la gauche de la gauche, donnant la primauté aux luttes sociales par rapport aux élections, ne puissent pas se présenter unis à la présidentielle. Lutte Ouvrière, revendique toujours l’étiquette communiste, le NPA n’en fait plus un élément essentiel de son identité. Voilà la raison politique évoquée pour expliquer la différence. Le NPA est plus sensible aux questions de société : défense des sans-papiers, lutte contre le mal logement. L’esprit et le ton de Philippe Poutou sont plus libertaires, que ceux de Nathalie Arthaud, plus charpentés idéologiquement, plus durs aussi. Lutte Ouvrière préfère l’encrage dans le monde économique et se concentre sur les luttes sociales mais au fond ces distinctions ne justifient pas que les candidats divisent par deux un potentiel électoral qui plafonne aujourd’hui à 1 point et demi à eux deux. Ou alors, ce n’est pas du tout le résultat électoral qui les intéresse mais l’exposition médiatique. Et là -égalité du temps de parole oblige- le fait d’être divisé, multiplie par deux la diffusion d’un message assez similaire. Je ne pense pas que ce soit le but de départ mais c’est le résultat à l’arrivée !

Pourquoi les candidatures de Nathalie Arthaud et Philippe Poutou ont-elles si peu d’audience par rapport aux élections précédentes ?

La difficulté de succéder à Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, dont chacun connaît le talent et la popularité, n’est pas une explication suffisante. Il y a des raisons plus politiques. En période de crise grave, d’incertitudes majeures sur l’avenir même de notre modèle social, tout se passe comme si l’électorat de la gauche radicale aspirait moins à renverser la table et à changer de système qu’à consolider le modèle sur d’autres bases plus sociales, plus égalitaires. Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche réveillent une gauche très républicaine, attachée à la laïcité. « Vive la république sociale », voilà comment Mélenchon concluait son discours samedi à Marseille. Sa radicalité s’exprime dans le cadre des institutions qu’il entend modifier, pas renverser ! Il brandit, avec le drapeau rouge, le drapeau tricolore et fait chanter La Marseillaise à ses supporters. Sa révolution est citoyenne. Pour lui les urnes comptent autant que les luttes et c’est par la Loi, avec la pression de la rue s’il le faut, comme en 36, mais par la Loi républicaine que le Front de Gauche veut opérer sa révolution. Paradoxalement le contexte économique et social, laisse peu de place à l’extrême gauche révolutionnaire.

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