Jean-Christophe Cambadélis est donc le nouveau patron du PS.

Oui et c’est le Président qui en a décidé ainsi, dans son bureau de façon tout à fait habituelle mais aussi tout à fait contraire aux promesses de rupture et de gouvernance enfin modernisée. Nous pouvons rayer de l’anaphore du candidat Hollande un « moi président » de plus… « Je ne serai pas le chef de la majorité ». Le Président a remanié son gouvernement, son cabinet. Normal ! Et dans le même élan, il a décidé de changer la tête d’un parti politique ! Alors c’est vrai que l’ensemble doit constituer un axe cohérent mais au lendemain d’une défaite électorale de la majorité et alors que la dite majorité se rétrécie, non seulement en terme de voix mais aussi dans son expression gouvernementale avec le départ des écologistes, il aurait sans doute été plus judicieux de faire en sorte que le PS ne paraisse pas dirigé depuis l’Elysée. Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac et même le Général de Gaulle s’intéressaient de très près à la vie de leur parti. Ils avaient la pudeur de s’y intéresser discrètement. « C’était hypocrite » disait Nicolas Sarkozy pour justifier le fait de convoquer les parlementaires de la majorité à l’Elysée comme s’il était resté le président de son parti (d’ailleurs quand il était chef de l’Etat, il n’y avait plus de président à l’UMP. Nicolas Sarkozy en avait décidé ainsi) ! Mais en réalité la distance apparente maintenue par les prédécesseurs de Sarkozy et Hollande est essentielle puisque le président est élu par plus de 50% des Français. Les majorités législatives n’atteignent jamais ces scores… elles sont gonflées artificiellement par le mode de scrutin afin d’assurer une stabilité politique. Pour être élu, le candidat a su forcément dépasser son parti pour s’adresser à tous !

Le jour de l’élection, le nouveau président devient, selon la formule consacrée « le président de tous les Français ».

Et il se doit donc de tout faire pour apparaître (et en politique apparaître c’est presque être) comme tel. On peut regretter cette personnalisation mais c’est le lot de l’élection du président au suffrage universel direct ! Pour mettre en œuvre sa politique, il lui faut –bien sûr- une majorité. Mais le chef de cette majorité, c’est le Premier ministre, responsable devant le parlement. C’est donc au Premier ministre de s’occuper des affaires de sa majorité. Dans le cadre du quinquennat et sous la pression de l’accélération du rythme de la politique, le Président et le Premier ministre forment un binôme coresponsable… alors qu’ils ne tirent pas leur légitimité de la même source… la distinction devient donc compliquée et beaucoup d’électeurs non socialistes qui ont voté pour François Hollande en 2012 peuvent, à juste titre, se sentir bernés en constatant que le président est encore si lié à son parti d’origine. Pour remédier à cette dérive, certaines personnalités, qui ambitionnent de devenir président, adoptent une posture en marge de leur parti. Xavier Bertrand, Bruno Lemaire ou Laurent Wauquiez sont dans cet état d’esprit. Ils soignent leur image de quasi dissident… Les primaires représentent d’ailleurs une première étape qui encourage cette posture de dépassement du parti. Xavier Bertrand propose même une solution, à méditer, pour achever de détacher le président nouvellement élu de son camp : revenir au septennat et imposer le mandat unique… pas de réélection possible… ce qui pourrait conduire, naturellement à un exercice de la présidence, moins partisan et donc mieux accepté !

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.