Notre-Dame... unité nationale

Unité parce que les Français, bien au-delà des catholiques et des Parisiens, ont eu l’impression de perdre quelqu’un de familier. Notre-Dame de Paris est (on peut toujours en parler au présent) un de ces monuments constitutifs de notre imaginaire national... une identité symbolique, bien au-delà de la religion qui en est à l’origine. Notre-Dame, que ses bedos appelaient la paroisse de la Nation, est le kilomètre zéro du pays, c’est l’héroïne du roman de Victor Hugo, l’auteur ciment des Français... Elle est toujours présente dans l’art populaire… Elle est le lieu de nos recueillements, pas forcément religieux, les te deum de victoire sous l’ancien régime, les obsèques, même des présidents d’une république laïque. C’est le son de ses cloches qui annonce la Libération. Cathédrale avec ce que ça représente de foi, d’excellence architecturale et artisanale, de perfection, de savoir-faire, de sacrifice, de polémique virulente, bien de chez nous, à chaque étape de ses rénovations, avec ce fatras de science et d’art, de foi et de raison. La première pierre sous Charlemagne, la dernière sous Philippe Auguste ! Hugo écrivait ‘l’intelligence humaine s’y résume et s’y totalise. Le temps est l’architecte, le peuple est le maçon’. Dans l’histoire tumultueuse et violente de la capitale, elle a souvent été un havre, dans l’histoire sociale, ce fut un refuge pour les pauvres, les proscrits et les pestiférés. 

Jean-Luc Mélenchon a tweeté une photo de Notre Dame avec ces simples mots : « Notre Cathédrale commune »

C’est le titre (et le lien) d’un beau texte qu’il a écrit hier soir. Dans ces moments-là, Jean-Luc Mélenchon est souvent très inspiré... Il y a, dans ce texte, un côté ‘la rose et le réséda’ d’Aragon : ‘Ceux qui croient au ciel et ceux qui ne croient pas’. Ces petits moments, ces lapses de temps volés à la violence de nos débats, au calcul politique, sont toujours bons à prendre. Les mots du président aussi étaient inspirés hier soir, quand on a su que la structure du bâtiment semblait sauvée  ! Ce soir décisif où devait se jouer, paraît-il, la suite de son mandat, fut en fait le soir ou Emmanuel Macron, parlant de Notre-Dame, aura dit ‘Cette histoire, c’est celle de tous les Français. Cette histoire, c’est la nôtre. Alors elle brûlé. Cette cathédrale nous avons su l’édifier... nous la rebâtirons...’ Et c’est vrai ! La reconstruction (qui créera des polémiques, parce que c’est nous !) se fera ! Ça,  personne n’en doute ! Tout est réuni, alors que l’on parle d’un pays en proie à l’angoisse existentielle nationale, pour que cet évènement traumatique et sans victimes (‘Notre Drame’ comme le titre joliment Libération, Nice matin, la Provence et l’Echo républicain)) offre un répit à nos divisions et affrontements, certainement court mais bienvenu. Bien sûr il ne faut pas y voir de métaphore ou d’allégorie... juste un pied de nez du destin.

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