Oui, et la seule chose qui soit sûre, c’est que 2012 ne ressemblera pas aux précédentes campagnes. C'est-à-dire que nous n’assisterons pas au classique affrontement droite-gauche, bien binaire avec la rigueur, l’économie et le marché à droite et puis le social, la redistribution et l’Etat à gauche. Smith contre Keynes, c’est fini. Pour l’instant le PS mange son pain blanc programmatique. Le projet d’égalité réelle qui couvre aussi bien la fiscalité, le logement que l’éducation est certes basé sur des préoccupations réelles, il fait encore illusion mais de l’aveu même des responsables socialistes, ce n’est encore qu’un catalogue, pas réellement chiffré et pas du tout hiérarchisé. Le PS nous promet un chiffrage à l’euro près en début d’année prochaine et la hiérarchisation, on imagine, sera le fait des différents prétendants à la candidature socialiste selon leur tropisme et sera un élément du choix offert aux électeurs des primaires. Que ce soit DSK, Aubry, Royal, Hollande et -soyons sympa-, Valls ou Montebourg qui soit désigné en novembre prochain, il aura devant lui, en ligne de mire, mai 2012 mais aussi un immense gouffre financier. Aucun des candidats socialistes potentiels ou déclarés n’affirme, pour l’instant vouloir rétablir la situation à coup de relance purement keynésienne. Si chacun fait attention de refuser l’idée d’une rigueur trop dure, pour ne pas briser les possibilités de croissance, plus personne, au PS ne proposera le Smic à 1500 euros et des hausses de prestations en tout genre. On ne le mesure pas encore vraiment, la droite ne le mesure pas encore, qui traite toujours les socialistes de néo-marxistes, mais en réalité le PS s’apprête à faire une campagne relativement centriste. Pourtant il peine le PS de Martine Aubry, à mettre des mots de modération sociale sur son ébauche de programme. Et ça risque troubler les électeurs de gauche, Thomas...En tout cas, pour l’instant, l’électeur de gauche, dans les sondages, plébiscite le patron du FMI, qui de part ses fonctions ne représente pas le profil type du bon socialiste français en campagne. Et puis l’électeur de gauche, peut-être qu’il se rappelle qu’à chaque fois que les socialistes ont été au pouvoir, en dehors de la période 81/83, ils ont toujours finalement fait une politique relativement modérée. Donc, pourrait-il se dire, l’électeur de gauche, quitte à voter pour un candidat qui fera une politique modérée et « raisonnable », autant voter pour un candidat qui dit qu’il fera une politique modérée et raisonnable. Voilà en tous cas ce que doivent espérer les responsables du parti socialiste qui savent ce qu’ils vont trouver (ou plutôt ne pas trouver) dans les caisses en 2012 et qui savent donc ce qu’ils ne peuvent pas promettre. Leur angoisse c’est que, finalement, le seul candidat socialiste à avoir eu (à peu près) ce genre d’attitude en campagne, dans l’histoire récente (souvenez vous, « mon programme n’est pas socialiste ») c’est Lionel Jospin en 2002. Évidement ce n’est pas très engageant. La grande difficulté pour la gauche, sera de se différencier de la droite avec un peu plus que la promesse d’une rigueur plus juste. Pour cela il lui faudra trouver les perspectives, non pas de rasage gratis mais de transformations sociales crédibles. On entend déjà parler de capitalisme coopératif (Arnaud Montebourg), de nouveau protectionnisme, avec l’apparition de cette notion du « juste échange »... A droite, c'est pareil, pas question non plus de faire les mêmes promesses qu’en 2007… ce sera le thème de l’édito de demain.

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