Primaire de la gauche : 9 Candidats sont sur la ligne de départ.

Alors déjà 2 d’entre eux ne devraient même pas partir, faute de parrainages requis. Exit donc Fabien Verdier, 35 ans, conseiller municipal de Châteaudun. Exit aussi, sans doute, Gerard Filoche, 70 ans, ancien inspecteur du travail. Fort en gueule, cultivé et percutant, inlassable défenseur des travailleurs, il représente la gauche de la gauche au PS. Son bagou intransigeant manquera aux débats. Ceux qui vont concourir : Manuel Valls, il fait figure de favori, si ce terme veut encore dire quelque chose dans l’ambiance actuelle de chamboule tout politique mondial. Il compte sur son autorité, son discours ferme sur les thèmes républicains qui rassurent, pense-t-il, en ces temps troublés. Il porte le poids du bilan du quinquennat qu’il essaie de défendre comme il peut tout en tentant de convaincre qu’il ne fera pas la même chose. Ce qui donne des propositions pour le moins acrobatiques : ainsi vient-il de promettre de supprimer le 49.3 ! Ça risque d’être dur pour lui lors des débats ou il sera la cible privilégiée de tous les autres, comme le fut Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite. Arnaud Montebourg : son charisme grandiloquent opèrera-t-il ? Il fut la surprise de la primaire de 2011. A l’époque il incarnait une ligne originale : celle de la dé-mondialisation. Cette fois ci, on a encore du mal à qualifier son message. Un peu souverainiste, un peu républicain, un peu socialiste. Le précipité Montebour2017 n’est pas encore réalisé. Benoit Hamon… pourrait bien être une surprise de ces primaires. Il peut incarner une forme de modernisme, non pas parce qu’il est habillé comme un chauffeur Uber (vous avez remarqué, costume bien cintré, cravate, noir) mais parce qu’il parle d’économie sociale et solidaire et qu’il intègre l’écologie, qu’il remet en cause la sacro-sainte croissance productiviste que le PS vénère toujours, dans un réflexe très 20 siècle. Vincent Peillon : sympathique et passionnant conteur de l’histoire de la République et de ses fondements philosophiques. Mais pourquoi donc est-il candidat ? Qui a eu cette drôle d’idée dans son entourage ? Peut-être le comprendra t’on lors des débats…Valls-Montebourg-Hamon-Peillon… le gagnant de la primaire se trouve dans ce quarteron aux faux airs de boys band sur le retour.

Et puis il y a trois candidats non socialistes

Oui, deux écologistes, Jean-Luc Benamias, ancien journaliste au débit de mitraillette, ancien vert, ancien modem. Il est aujourd’hui, certainement le plus hollandais des 7. François de Rugi, un écolo avec cravate et particule, sérieux et droit. Il voudrait que l’écologie sorte de sa gangue gauchiste. Et puis il y Sylvia Pinel. Elle sauve la primaire de la honte ! Sans elle ça aurait été une compétition 100% « testostéronée ». Si non c’est une radicale de gauche. Un parti de notable, héritier d’une grande lignée politique Française mais qui n’existe encore que parce que le PS a besoin d’un petit satellite pour ne pas avoir l’air hégémonique. Les 7 candidats, collectivement, devront offrir un débat politique qui permette d’ouvrir des perspectives pour une gauche exsangue…et aussi réussir à nous convaincre, que parmi eux, il y a peut-être le prochain Président. Pour l’instant on n’y est pas.

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