Le référendum NDDL est une bonne façon de sortir de ce blocage, dites-vous…

Oui, pour une fois qu’il est possible de demander son avis à la population concernée, sans craindre que la question soit détournée ou que la réponse soit utilisée à des fins partisanes ! Voter ‘oui’ ou ‘non’ ne serait pas voter pour ou contre François Hollande, la maire de Nantes ou Bruno Rotailleau. D’ailleurs, on ne connaît pas l’avis personnel (comme sur beaucoup de sujets, me direz-vous) du président. On sait que Manuel Valls est plutôt pour l’aéroport alors que Ségolène Royal y serait plutôt opposée. Mais ils n’évoquent pas le bien-fondé ou non du projet, l’un explique qu’il doit se faire parce qu’il y va de l’autorité de la chose votée, que c’est une question de démocratie et d’autorité, alors que l’autre pense que c’est aussi une question de démocratie, que la consultation de la population n’a pas été satisfaisante, qu’il y a donc des recours qui doivent aller au bout, alors qu’après toutes ces années, les données ont changé avec la prise de conscience de l’impératif écologique. Donc… ce qui est certain, c’est qu’il y a un déficit de démocratie. Et le meilleur moyen de trancher un problème de démocratie : ça reste le vote.

Mais on a l’impression que cette consultation va être compliquée à organiser

Oui parce que c’est nouveau. Les collectivités locales ne peuvent organiser des référendums que pour trancher une question d’organisation administrative de leurs territoires, comme par exemple la fusion de deux départements. C’est donc l’Etat qui va prendre la charge du referendum. Pour être légal, il ne pourra être que consultatif, mis en place par un organisme (la commission des débats publics) en application de l’une des dispositions de la loi Macron. Le président confirmera ou prononcera l’abandon du projet en fonction du résultat. Le département de Loire-Atlantique serait, au minimum, le périmètre de cette consultation. François Hollande, souvent accusé de manquer de volonté (et dont le projet de déchéance de nationalité risque d’échouer, faute d’accord entre le Sénat et l’Assemblée), ne peut se permettre de voir une autre initiative de la sorte avorter. Pourquoi les élus (PS ou LR) qui estiment représenter la population auraient-ils peur de l’avis de la population ? Pourquoi les associations anti-NDDL qui prétendent lutter contre les intérêts particuliers et les lobbies craindraient-elles la démocratie directe ? En réalité, le résultat de ce référendum est parfaitement incertain. Voilà pourquoi il est la solution idoine pour débloquer une situation, avec, de chaque côté, des militants et des élus qui ont –pour la plupart- une logique sincère mais braquée, après tant d’années de combats. Il va bien falloir s’habituer, dans l’avenir, à mettre en place des procédures de consultation, des cordes de rappels démocratiques, sur la durée, pour mieux faire accepter les infrastructures imposantes ou voraces, sur des terres écologiquement utiles. Pour qu’elles puissent voir le jour ou être repoussées de façon moins conflictuelle, comme cela se passe, beaucoup plus sereinement, dans de nombreuses démocraties voisines de la France.

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