réactions contrastées au tournant social-démocrate de françois hollande
réactions contrastées au tournant social-démocrate de françois hollande © reuters
**Ce matin Thomas Legrand répond à nos amis journalistes britanniques qui nous reprochent de ne pas faire notre boulot…** Oui, Alex Taylor et [Bruno Duvic](http://www.franceinter.fr/depeche-conference-de-presse-de-hollande-ce-quil-faut-retenir) nous ont lu quelques passages sévères de la presse anglo-saxonne, hier. La tonalité générale était très critique au sujet de notre révérence envers la classe politique. Et c’est vrai, que pour un journaliste de pays démocratique, [ces conférences de presse sous les lambris, avec le gouvernement en rang d’oignon et l’ensemble des participants](http://www.franceinter.fr/depeche-conference-de-presse-de-hollande-ce-quil-faut-retenir) qui se lèvent à l’arrivée du monarque républicain, ça a un petit air désuet, qui pouvait sans doute convenir à la statue vivante du Général de Gaulle et des années soixante du siècle dernier, mais qui dépareille avec la simplicité revendiquée de nos présidents du XXIième siècle. Mais il faut passer outre le décorum et le coté grand messe pour convenir que nous avons fait de gros progrès. Les conférences de presse, même avec cet aspect impérial, sont déjà déontologiquement plus acceptables que ces émissions coproduites par l’Elysée, diffusées sur plusieurs chaines dont les prédécesseurs de François Hollande abusaient. Émissions propices au pathos, à l’émotion et au spectaculaire, bref, à la communication bien plus qu’à l’information et à la salutaire froideur professionnelle des conférences de presse. **Mais c’est la conception du respect de la vie privée qui nous différencie le plus de nos confrères anglo-saxons !** Oui, et là, il n’y a aucun exemple à prendre chez eux.[ Pour s’en convaincre il suffit de relire la dramatique analyse d’Alison Phillips du Dally Mirror : ](http://www.mirror.co.uk/news/uk-news/alison-phillips-francois-hollande-its-3023423)« si David Cameron avait une liaison, je voudrais tout savoir, jusqu’à la couleur de son slip et s’il fait le thé après l’amour, parce que je contribue à payer son salaire et qu’il dirige mon pays ». Cette conception du journalisme nous vient du pays des grandes oreilles (je ne parle pas du prince Charles) mais des systèmes d’écoutes généralisées pour le renseignement, du pays des dizaines de milliers de caméras de surveillances, du fascisme de la transparence. Bien sûr, la transparence du financement des partis, des circuits de certaines décisions, de certaines nominations, n’est pas, en France, à la hauteur de ce que prétend être notre démocratie. Mais ce que dit Alison Philips est proprement effrayant : il paie le salaire (en tant que contribuable) de David Cameron donc il prétend avoir le droit de connaître la couleur de son slip ! Payer permetrait donc de tout savoir et de posséder l’intimité ? Les représentants du peuples sont ravalés au rang de people, vous savez ces personnage qui sont connu parce qu’ils sont célèbre. Ou le contraire et dont l’intérêt réside justement dans la couleur de leur slip. Le Dally Mirror "nabilise" tout, jusqu’aux représentants du peuple. Hé bien nous, la couleur du slip de François Hollande nous importe à peu près autant que de connaître l’avis de Nabila sur les avantages et les inconvénients de la politique de l’offre. C’est peut-être un acquis de la philosophie des lumières et de l’individualisme positif que l’on tente de préserver tant bien que mal, mais toute atteinte abusive à l’intimité d’un de nos représentants est une atteinte à la dignité des représentés. Les ressorts psychologiques de nos gouvernants et le roman de leur vie nous passionnent et nous renseignent. Ce qui nous différencie des Anglo-saxons sur ces questions, c’est le statut de la vérité et du mensonge dans la sphère privée. La vérité et le mensonge d’un couple ! Qui peut d’ailleurs prétendre la connaître vraiment en dehors du couple lui-même ? Et encore !
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