7 heures avec les maires ! Hier, Emmanuel Macron a inauguré une nouvelle forme de communication présidentielle...

Il avait déjà fait 2 heures de la sorte avec les maires, à l’Elysée en novembre, mais c’était passé inaperçu.... Il réédite l’expérience afin de casser l’image d’arrogance et d’isolement ! Hier nous étions à 1000 lieues de cette ambiance agressive et sans confiance mutuelle installée dans le pays depuis le début de la crise des Gilets jaunes! Quoi que l’on pense de la politique du président, la performance démocratique d’hier est impressionnante et salutaire. Mais l’endurance physique et intellectuelle, l’ouverture et l’écoute ne serviraient à rien si elles n’étaient vraiment l’inauguration d’une autre phase "démonarchisée"du mandat. Une gouvernance simple, concrète et à l’écoute. L’autre vertu de l’exercice fut de montrer les maires tels qu’ils sont pour la plupart. Compétents, engagés et manifestement au service de leurs concitoyens qu’ils connaissent mieux que quiconque. Nous décrivons assez les turpitudes, les insuffisances de nos politiques pour se réjouir et le souligner quand notre démocratie montre un visage avenant.

Et puis les maires... ce sont des corps intermédiaires!

C’est l’autre vertu de cette séance : réhabiliter les corps intermédiaires. Maires, syndicats, associations se sentaient enjambés, méprisés, tenus pour des problèmes plus que pour des solutions. C’est pourtant eux qui font tourner la démocratie quotidienne de terrain. Ils ont certes des défauts (notamment pour les syndicats celui d’être peu représentatifs et de sembler souvent surtout attachés à la préservation de leur appareil)... mais on peut aussi considérer que leurs défauts se développent à mesure que l’Etat les ignore et leur refuse du grain à moudre. Emmanuel Macron est arrivé après trois présidents qui avaient brillé par leur incapacité à sortir le pays de la crise. L’impression générale était alors à l’impuissance publique ! Pour y remédier, le jeune candidat avait fait campagne sur l’idée du dépassement des clivages et l’instauration d’un nouveau girondisme qui devait consacrer les acteurs de terrain (on avait compris les corps intermédiaires) pour que les solutions émergent de l’intelligence collective. Seulement, une fois à l’Elysée, il a commencé par agir à la hussarde et sans volonté de co-construire. La verticalité technocratique de la 1ère année a été vécue pour ce qu’elle était : de l’arrogance hors sol. Les Gilets jaunes ont ramené la réalité du terrain sous le nez du président. Sa majorité s’avère idéologiquement transparente, elle n’a pas eu le temps de s’implanter localement. Macron semblait seul, ses ministres d’Etat étaient partis, son équipe élyséenne est à la veille d’un grand remplacement... Il était donc temps de se réformer lui-même. L’idée du grand débat et cet exercice d’horizontalité inédite prouvent qu’au moins il le souhaite. Mais recommencer la performance de la campagne ne suffira pas. Il ne s’agit plus d’être élu... il s’agit de présider. Hier après-midi, c’était des mots... ils étaient réussis. Assurément, l’Emmanuel Macron d’hier aurait accepté le plan Borloo sur la banlieue, qui procédait de cette méthode de co-contruction responsable, dommage ! Après le grand débat viendra le temps des actes. Nous verrons alors si le nouveau Macron est vraiment consistant.

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