Les vœux du président à la presse et la question des relations presse/pouvoir Ne revenons pas sur la question classique de la bonne distance à laquelle les journalistes doivent se tenir du pouvoir politique. Assez proche pour récolter des informations et assez loin pour éviter la connivence.

Le journalisme c’est le contact et la distance

disait Hubert Beuve-Mery, fondateur du Monde. Pour le pouvoir - et pour d’autres raisons- c’est la même chose : contact et distance. Pour faire connaître son action, contact... pour préserver le minimum de secret nécessaire à l’efficacité de l’action : distance. 

Emmanuel Macron apprend à être président sur le tas... Le ton, plus avenant, plus compréhensif des exigences de notre métier et des nécessités du sien semble désormais de mise à l’Elysée. Tant mieux. Mais eux (responsables politiques) et nous (journalistes) devons maintenant combiner nos exigences dans un nouvel écosystème fait de flux continu de l’info et de réseaux sociaux. 

Politiques et journalistes perdent, dans ce nouvel environnement, beaucoup de leur pouvoir et donc de leur aura.

C’est à dire ?

Les élus semblent moins capables de peser sur le cours des choses, tout juste bons à tenter d’adapter le pays à un monde qui défie notre modèle. La mondialisation, l’interdépendance, les contraintes extérieures et maintenant climatiques, rendent les puissants moins puissants et leur légitimité démocratique en subit les conséquences. 

Les populistes, de partout, en embuscades, prétendent avoir les solutions pour retrouver les manettes de la souveraineté. Leur discours simple ne s’embarrasse pas de la vérité, forcément complexe, et fustigent d’abord la presse dite mainstream. Ils ont leurs médias, sur Internet, et, dans certains pays, leurs officines qui travestissement de la vérité à grande échèle. 

La presse pluraliste des démocraties libérales est attaquée économiquement et dans son mode de fonctionnement. Algorithmes et communautés d’utilisateurs d’Internet se confortent chacun dans sa vérité grégaire. 

Hier, le président, dans son discours, a décrit ce phénomène et souligné que, lui comme nous, étions menacés par les mêmes forces. Ce n’est pas faux. Mais cette façon de mettre dans le même bateau pouvoir et contre-pouvoir peut aboutir à l’inverse du but recherché. 

C’est justement parce qu’une bonne partie de la population pense que nous sommes un peu trop dans le même bateau (contact mais pas distance), que politiques et journalistes perdent du crédit. Le baromètre des médias publié aujourd’hui par La Croix nous renseigne ... La radio, récolte le plus de confiance (merci !) mais 50% seulement ! La presse écrite 46% ; la télévision 40% et Internet après une pointe à 39% de confiance en 2015 (c’est à dire comme la télé) n’est plus qu’à 23... La confiance ne règne pas sur Internet... 

Mais – et tout est là- ce média qui abrite la presse professionnelle et les pourvoyeurs de fake news est, le seul média à progresser en volume d’utilisation pour s’informer depuis 2015. Il est désormais le premier chez les moins de 35 ans.

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