Ce matin le péril vert !! Les plus vieux d’entre nous s’en souviennent… les mois qui précédaient le 10 mai 1981, la droite avait voulu terrifier le pays… Mitterrand à l’Elysée, c’est le péril rouge, les chars soviétiques sur la place de la Concorde… Aujourd'hui ce sont les écologistes les cibles.

C’était déjà risible  même si Moscou avait encore des liens tutélaires avec le PCF.  

Aujourd’hui, à Lyon, la ville, comme la métropole (pour laquelle  –particularité locale- il y a un vote direct des citoyens) à Marseille où une écologiste, Michèle Rubirola, à la tête d’une large  coalition de toute la gauche, mais aussi à Toulouse et à Strasbourg, les écologistes sont en position de vrais challengers. Dès lors, un  déchaînement de communication angoissante fleurit dans ces villes qui en dit plus sur ceux qui les diffusent que sur ceux qui  sont visés. A Marseille, une affiche montre la Canebière en feu…  L’arrivée des écologistes, cache-sexe de l’extrême-gauche, c’est la  ville livrée à des hordes de black blocks… Martine Vassal, la candidate de la majorité sortante, prévient, si Madame Rubirola  (médecin qui fait dans le social depuis des années) prend la mairie,  c’est, je cite, l’arrivée du "chaos, la violence, les collectifs qui cassent tout dans le centre-ville’" ! 

Dans  une lettre envoyée à ses administrés, la maire LR d’une ville limitrophe de  Lyon, s’inquiète de voir les écologistes s’emparer de la métropole. Elle  parle d’une ‘coalition hasardeuse d’extrême-gauche’ et  prophétise que la banlieue ouest de la capital des Gaulles sera submergée –horreur suprême- de logements sociaux. Le  candidat LR de Lyon prévoit que les adeptes de la décroissance vont  supprimer la fête des lumières pour faire des économies d’électricité !

Parce que la nouveauté pour ce scrutin c’est que les écologistes sont souvent leaders de coalitions …

Oui,  une situation relativement nouvelle, sur le modèle plus ancien de Grenoble. C’est  souvent le cas pour des villes dirigées par LR comme Marseille, Lyon,  Toulouse, alors que des maires sortants socialistes (Nantes, Rennes,  Paris) ont fait (ou refait) alliance avec les écologistes. D’ailleurs, à Nantes ou Paris, les maires, compte-tenu de la nature de  leur bilan, ont maintenant une image plus écologiste que socialiste. Il y  a aussi des cas où ça ne marche pas. A Lille par exemple, les  écologistes s’opposent aux projets d’aménagement de Martine Aubry. Le PS et EELV sont à couteaux tirés pour le second tour.  

Mais globalement, l’irruption de l’écologie municipale est assez  naturelle parce que beaucoup de maires (d’ailleurs beaucoup de maires LR  aussi) ont pris conscience, et ont commencé à agir en conséquence, de la pertinence de l’échelon d’une ville pour mettre en  œuvre une politique de protection de l’environnement. Avec des  écologistes en première ligne ou pas ? C’est la grande question de  l’avenir de la gauche : l’écologie est-elle le future carburant de la gauche (comme à Paris) ou son nouveau véhicule (comme à  Grenoble)? Ce sera un enseignement intéressant du second tour, avec le  succès -ou non- des listes menées par les Verts.

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