La journée d’investiture, hier, bien chargée en discours et en gestes symboliques devait imprimer la marque de François Hollande sur la présidence qui s’ouvre…

Oui et si la journée devait être symbolique de ce qui va se passer dans les 5 ans qui viennent, les éléments : pluies, grêle et foudre ont créés une allégorie un peu facile, évoquant les crises et les difficultés à venir ! Les intempéries qui ont brouillés la vue du président peuvent être interpréter de plusieurs façons : « Je ne suis pas là pour prendre du plaisir, je fais mon devoir, jusqu’à la pneumonie s’il le faut » semblait penser François Hollande en ne bronchant pas sous les averses, debout dans sa voiture ouverte ! Devant les drapeaux, le Président était droit comme un i dégoulinant… Pas un mouvement, pas d’états d’âmes apparents, le parapluie était visiblement un accessoire trop fastueux pour l’occasion ! Souvenez-vous, l’une des critiques que lui adressait Nicolas Sarkozy pendant la campagne : François Hollande est en sucre il va se diluer ! Eh bien on a la preuve que non ! Dans l’esprit du nouveau Président, la journée devait être tout autre puisque les maîtres mots, dix fois répétés aux moindres micros qui se tendaient étaient « confiance et apaisement »… deux mots qui font un peu convalescence, comme si la France entrait dans une période post-traumatique. Chaque initiative de la journée d’hier pouvait être interprétée à l’aune des manquements et des exagérations du président sortant. Cette attitude adoptée par François Hollande, sans doute rendue nécessaire par celle de son prédécesseur lui faisait, du même coup, prendre le risque de ne se déterminer qu’à contrario et de confirmer une impression souvent exprimée pendant cette campagne : François Hollande ne gagne que par le rejet de Nicolas Sarkozy. François Hollande, à l’aise, bravant les éléments et offrant un visage avenant, sobre et aimable de sa présidence a réussi sa journée d’intronisation mais il n’a pas encore écarté tout à fait le risque de s’enferrer dans le rôle de la contre-programmation sarkozienne.

« Apaisement et confiance » … ce n’est pas très énergique comme programme ?

C’est le risque ! « L’apaisement et la confiance » sont certainement nécessaires, ces besoins sont ressentis par une bonne partie de la population mais « apaisement et confiance » ne peuvent pas constituer un programme. C’est une méthode de gouvernement, un style. Souvenez-vous Nicolas Sarkozy, il y a 5 ans vantait le dynamisme et une forme de transgression… tout le contraire mais là aussi il s’agissait d’une méthode : la rupture. « Je vais mouiller ma chemise pour ce job » disait-il… à cette époque-là, après un Mitterrand vieillissant et un Jacques Chirac en retrait, après ce que Nicolas Sarkozy appelait lui même les « rois fainéants », il se présentait comme celui qui ferait enfin bouger la société. « Réformator » n’avait peur de rien ! Mais il a confondu, bien souvent, l’action, l’activisme forcené et le résultat. Les présidents (qui savent que le pouvoir échappe de plus en plus aux politiques) ont tendance à promettre, non plus des résultats mais une méthode. Un mode de gouvernance. Comme si la méthode était un but en soi ! Si « apaisement et confiance » n’ont pour finalité que d’apaiser et de rendre la confiance, François Hollande perdra vite la main… le but est bien sûr beaucoup plus ambitieux : faire que l’apaisement et la confiance servent à réformer un pays qui généralement ne bouge que par à-coups, rapports de forces et conflits.

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