Retour sur ce premier tour que l'on n'aurait pas dû faite. C'est facile à dire. Ce matin, tous ceux qui demandent le report du second tour, c'est à dire quasiment tout le monde, réclamait que le premier ait lieu.

Certains hurlaient même au risque de confiscation de la démocratie, le poids des associations de maires a été négativement déterminant. 

Le président, dont la légitimité est sans cesse mise en cause et dont l'arrogance est parfois pointée, ne voulait pas prêter le flanc à la critique, surtout au moment où il avait besoin d'une union nationale pour affronter une crise sanitaire inédite.

Il s'est donc appuyé sur un avis du conseil scientifique pour maintenir le premier tour sans voir le ratage démocratique que ce scrutin allait être. Cela paraît absurde d'aujourd'hui, mais soyons honnêtes bien peu même le conseil scientifique, visiblement, croyait il y a encore seulement trois jours, un scénario à l'italienne. Maintenant, on sait que nous y venons.

Dans cette crise, il faut rester humble. La vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain. Le tâtonnement est général et même mondial. La question est maintenant de savoir si les maires élus au premier tour - rappelons que c'est le cas de l'immense majorité des maires, essentiellement dans les petites communes- pourront le rester ou si le report du second tour entraîne de facto l'annulation de l'élection dans son ensemble. Constitutionnalistes et juristes ne sont pas encore d'accord sur ce point.  

Peut on quand même en tirer des enseignements politiques de ce scrutin très particulier

C'est délicat, avec un taux de participation catastrophique, mais dans les grandes villes Paris, Lille, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Grenoble, dans de nombreuses villes moyennes aussi, ce sont les écologistes et le PS qui marquent des points. 

Europe Ecologie Les Verts fait des percées et aurait pu remporter plusieurs municipalités de plus de 100.000 habitants s'il y avait eu un second tour dimanche. 

L'implantation locale de la République en marche ne prend pas. On pourrait disserter longuement sur ces faits politiques qu'il faudra peut être relativiser quand nous aurons plus précisément la structure des âges, les plus âgés, sans doute de ceux qui se sont abstenus, il peut aussi y avoir un biais. 

Pour l'heure, il faut maintenant passer à autre chose. Les Français n'ont pas du tout la tête aux municipales. 

Nous sommes à la veille d'un confinement drastique. Les équipes municipales sont beaucoup plus utiles à l'accompagnement de ce qui devrait être organisé dans ce cadre plutôt qu'à s'occuper des alliances, à négocier des désistements ou faire campagne. La page municipale est pour l'instant tournée. On va suivre d'un œil le débat juridique, bien sûr, et institutionnel pour le report de tout ou partie d'élections.

 Mais retournons à l'essentiel  : "Comment sauver des vies et de ruiner l'économie ? 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.