Alors que les militants socialistes départagent aujourd'hui leurs 3 candidats, ceux de l'UMP vont être appelés à voter sur leur projet fin novembre. Ce projet législatif sera validé aujourd'hui au cours d'un conseil national réuni par Nicolas Sarkozy. Tout se met en ordre pour la présidentielle. Un projet législatif articulé autour de principes comme le mérite, avec des propositions lisibles comme la création d'un contrat de travail unique, ça veut dire quoi ? Pendant que le PS en est encore à la confrontation, la droite serait en ordre de marche ? Un homme, un projet, 577 investitures et c'est parti ? Le problème c'est que c'est un peu plus compliqué que cela. Pour preuve, l'exceptionnelle offensive médiatique de Jacques Chirac ces dernières heures. Vous avez peut-être raté mardi le déplacement hautement électrao à Amiens du président de la république, déplacement électoral s'il en est. Vous avez peut-être omis de jeter un coup d'oeil au "Nouvel Observateur" qui rend compte de la volonté farouche et intacte de Bernadette Chirac à soutenir son mari, et à annoncer qu'il ne renonce à rien. Mais vous ne pourrez pas rater le reportage de "Paris Match" consacré à Jacques Chirac. 10 pages de photos, du président à l'Elysée avec ses proches, du président patron avec ses ministres, mais aussi du président grand-père avec son petit-fils Martin, images d'une intimité rarement exposée chez Jacques Chirac. Alors tout ça pour quoi ? Un de ceux qui le connait bien affirme qu'on est là dans la quintessence du "président chinois". Tout ce que Jacques Chirac fait ou dit aujourd'hui peut-être interprété comme du Ying ou comme du Yang. Peut-être fait-il tout cela parce qu'il veut être président jusqu'au bout, peut-être fait-il tout cela parce qu'il veut être candidat ? Pour l'instant, personne ne sait, ce qui est sûr, c'est que Nicolas Sarkozy l'aura néanmoins "dans les pattes" jusqu'au bout. Alors ça se simplifie pour vous ? Chirac contre Sarkozy, Chiraquiens contre Sarkozystes pour la prochaine présidentielle ? Là encore, c'est plus compliqué que cela. Car si on a assisté ces derniers jours à une offensive des amis du président, il n'ont pas tous la même stratégie. Il y a d'un côté ceux qui mèneraient bien une OPA hostile sur l'UMP. C'est le cas sans doute de Michèle Alliot-Marie et de Dominique de Villepin s'il en avait les moyens. Mais il y a ceux aussi, pourtant loyaux envers le président, qui ne souhaitent ni casser le parti, ni même empêcher à tout prix la désignation de Nicolas Sarkozy. C'est l'axe des deux ex premiers ministres. Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin. Le premier affirme ce matin que président mis à part, il ne saurait y avoir de andidature légitime hors de l'UMP. Et si le second ne désespère pas de réussir à humaniser la stratégie et la personnalité du candidat Sarkozy, il répète aussi qu'il ne saurait être l'artisan des mauvais coups. Et qu'en toute probabilité, Nicolas Sarkozy ferait un très bon président de la république. A l'ouverture du conseil national de l'UMP aujourdh'ui, Nicolas Sarkozy a donc de quoi être agacé sans doute par l'opération commando de l'Elysée qui vient un peu brouiller le message autour de son si beau projet. Mais il peut aussi se réjouir de voir qu'il existe désormais des fissures dans le camp des ex irréductibles chiraquiens.

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