**Les socialistes ont encore donné une image assez caricaturale d’eux-mêmes, ce week-end…Oui, je résume rapidement, vous y reviendrez tout à l’heure avec Ségolène Royal qui sera votre invité. Vincent Peillon avait organisé à Dijon une rencontre entre des socialistes, des verts, des communistes et des personnalités du MODEM. Ségolène Royal n’était pas invitée. Mais comme, elle aussi, est favorable à cette large alliance, comme cette rencontre se déroulait dans la ville de l’un de ses soutiens historique, Ségolène Royal s’est tout de même rendue à Dijon. Il y a eu un psychodrame du niveau des bisbilles d’ados autour de l’éternelle question cataclysmique de savoir qui est invité ou non à une boom d’anniversaire. Un truc incompréhensible pour qui n’est pas au PS ou qui n’est pas payé pour s’intéresser au PS. C'est-à-dire pour 99% des français. C’est un épisode absolument pitoyable pour l’image de ce parti à la dérive et affligeant pour des personnalités qui espèrent réunir plus de 50 %de leurs concitoyens un jour ! Toujours est-il que si Ségolène Royal avait voulu ruiner l’initiative de Vincent Peillon (qui pourrait avoir des ambitions personnelles concurrentes des siennes) elle a réussi. Si son but n’était pas de ruiner cette réunion alors c’est raté. Dans les deux cas on ne voit pas l’intérêt de l’opération. Ce matin on retient la maladresse de Royal et l’incroyable violence verbale de Peillon… (il parait que le thème c’était l’éducation). Plus globalement le PS, qui par ailleurs, a toutes les chances de ne pas trop mal figurer aux élections régionales, n’arrive toujours pas à offrir une vision alternative au sarkozysme. Et pourquoi ?D'abord la droite génère ses propres débats. La concentration des pouvoirs à l'Elysée aboutit à ce que toute la partie de la majorité qui n'est pas strictement sarkozyste fait entendre de plus en plus une musique différente. Et cette musique différente, (c'est assez tragique pour la gauche) mais on l'écoute plus, on lui donne plus de crédit, que si elle venait du parti socialiste. Tout simplement parce que dans un système de prise de décision très centralisé, le seul débat utile est celui de l'intérieur. Pour qu'un projet voulu par l'Elysée ait une chance d'être amendé ou repoussé, il faut que ça vienne de l’UMP. On le voit à l’Assemblée avec la discussion sur le budget et bien sur la question de la Taxe professionnelle. Cette situation faite à l'opposition n'est pas nouvelle, elle était à peu près la même sous les précédents Présidents mais l'opposition palliait cette carence due, en partie, à la force du fait majoritaire, par un leadership un tant soi peu charismatique. De toute évidence, Martine Aubry ne s’impose pas et Ségolène Royal, plus réactive, parle d'une voix ouvertement dissidente. Le PS n'est, de ce fait, pas en mesure de répliquer fortement ni de façon cohérente aux rafales d'annonces et d'initiatives de l'Elysée. Le groupe socialiste s'épuise au Parlement dans des débats utiles mais qui n’ont quasiment pas d'échos hors des murs de l'Assemblée parce que, en général, le débat en lui-même s'est déroulé dans les médias plusieurs mois avant d'arriver au Parlement. Il a vécu et prospéré lors de l'annonce de la mesure par l'Elysée, de façon à alimenter la polémique dans les médias plutôt que dans les institutions faites pour le débat démocratique. C'est tout un enchainement dans lequel le PS se laisse embringuer, comme dans un faux rythme. Il ne s'y laisserait pas prendre s'il avait un vrai leader. Une personnalité à l'affut des débats qui montent, capable même d'en créer. Une personnalité que l'on sentirait heureuse d'être à la tête de son parti, respectée et solidement assise sur une légitimité incontestée. On en est loin!**

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