**Ce fut hier une journée Sarkozy !Oui, à peu près comme tous les jours depuis un certain jour de mai 2007, mais c’est vrai que le président, qui se faisait chahuter sur plusieurs fronts ces derniers temps a pris deux initiatives hier, un voyage surprise à Gandrange et une interview au Figaro. Dans les deux cas il y a une nouveauté tout à fait remarquable. Pour la première fois, le président avoue s’être trompé. Sur Gandrange et sur Cleastraem. Alors sur Gandrange c’est vrai que les syndicalistes du site lorrain, les commentateurs de la vie politique avaient souligné plusieurs fois de façon très critique cette promesse non tenue, cette parole opportune d’un jour. Hier, le président s’est donc rendu à Gandrange et a fait des annonces. On pourra en juger, les évaluer…il a aussi dit, « on ne peut pas me reprocher de pas y être retourné et me reprocher d’y être retourné ». Et c’est vrai, la façon dont il a reconnu s’être trompé et avoir sous-évalué l’émotion suscitée par cette affaire est une attitude inédite de sa part mais aussi bienvenue. Tout comme son mea-culpa concernant son commentaire trop rapide et pour le moins déplacé sur l’affaire Clearsteam. Le fait d’être capable d’avouer qu’il s’est trompé pourrait être pris comme une marque de faiblesse, en réalité c’est plutôt la preuve d’une force. Surtout venant d’un homme qui donne l’image d’être toujours absolument sûr de lui sur tous les sujets. Les responsables politiques en France n’ont pas cette habitude, ils estiment souvent que reconnaître une erreur c’est offrir une victoire à ses adversaires ou bien plier devant la presse. Cette attitude bravache assez latine n’a pas cours aux Etats-Unis, en grande Bretagne et dans bien des démocraties du Nord, celle que l’on cite souvent en exemple mais qu’on oublie tout aussi souvent d’imiter. A la fin d’une semaine où il aura perdu des points, auprès de l’opinion sur divers sujets et auprès de sa majorité parlementaire, sur la question de la taxe professionnelle, Nicolas Sarkozy en marque peut-être un peu, non seulement en revenant sur de mauvaises décisions ou des déclarations inopportunes, mais en montrant qu’il peut évoluer sur certaines questions. Alors on peut toujours dire qu’il y était acculé, qu’en spécialiste du rapport de force, il s’est rendu compte qu’il n’avait plus le choix, on peut aisément imaginer que de rapides et discrètes études d’opinion l’ont convaincu de reconnaître ses erreurs, toujours est t-il, que cette façon de revenir sur des décisions incomprises ou de toutes évidence mauvaises, est plutôt rassurante par rapport à l’image d’enfermement, d’isolement et même d’entêtement que commençait à offrir l’Elysée. Le président n’a pas été jusqu'à revenir en arrière sur la candidature de son fils à la tête de l’EPAD (l'Etablissement Public d’Aménagement de la Défense)… Non, il ne faut pas trop en demander non plus mais cette affaire n’est pas finie. Il y a sur cette question un entêtement, pour le coup, qui aura certainement un coût politique parce qu’il prend le Président à défaut sur plusieurs thèmes centraux de sa campagne concernant le mérite, le travail, la république impartiale et transparente. Les mea-culpa peuvent être aussi une sorte de contre-poids à l’entêtement sur l’affaire jean Sarkozy. Enfin, toujours dans l’interview du Figaro, il y a une question que Nicolas Sarkozy balaie rapidement, c’est une question sur la nécessaire réforme des institutions réclamée cette semaine par Jean Pierre Raffarin. L’ancien premier ministre avait déclaré à nos confrères de RTL que le style de gouvernance du Président déséquilibrait nos institutions et qu’il faudrait les faire évoluer. Il y a eu assez peu de réactions après cette prise de position qui, on le sait est assez partagée dans la majorité et qui constitue, en réalité une mise en cause très forte de la pratique du pouvoir par le président au sein même de sa majorité. Les mea-culpa inédit que nous venons de souligner trouvent sans doute aussi leur origine dans cette nouvelle situation inconfortable du Président de la République dans son propre camp. L’interview est donnée au Figaro…ce n’est pas un hasard.**

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.