**Dans l’affaire de l’élection douteuse du premier secrétaire du PS, on n’y comprend plus grand-chose ! Pourtant, vendredi, quand Ségolène Royal est venue à ce micro, c’était encore à peu près clair ! Oui, déjà ce que l’on comprend rapidement dans cette affaire c’est que les positions successives et surprenantes de Ségolène Royal ont manifestement plus à voir avec le souci de rentabiliser au maximum une situation qui lui est actuellement favorable. Ça faisait longtemps qu’il n’y en avait pas eu. Donc toute cette histoire a plus à voir avec la politique qu’avec la recherche de la justice. Alors, c’est vrai vendredi, ici même Ségolène Royal estimait qu’il serait bon que cette affaire soit portée en justice. Elle n’allait pas jusqu’à dire qu’elle saisirait elle-même la justice mais le doute subsistait. En tout, cas quand on parlait de l’éventualité de porter plainte il s’agissait, dans l’esprit de tous de porter plainte contre la direction du PS ou contre les fédérations supposées tricheuses. Et pour cause, tout dans la façon assez élogieuse qu’avait Ségolène Royal de parler du livre de nos confrères, donnait du crédit à leur enquête. Hier soir la position n’est plus celle là du tout. Dans sa déclaration solennelle sur son cite internet Ségolène Royal se présente pourtant en victime puisqu’elle dit que c’est l’un des coups les plus rudes de sa carrière. La logique voudrait que Ségolène Royal saisisse la justice, non pas contre les auteurs de ce livre mais contre le PS. Ce serait une attitude tout à fait compréhensible si elle estime qu’on lui a volé la victoire. Hors hier, Ségolène Royal a demandé à la direction du PS de porter plainte contre les auteurs du livre pour prouver que ce qui y était écrit était faux ! Là ça devient tout à fait incompréhensible. Ce n’est évidemment pas comme ça que ça doit se passer. La seule chose à faire, si Ségolène Royal a un doute, c’est de demander des éclaircissements à la direction du PS et si elle ne les obtient pas, d’attaquer elle-même la direction de son parti en justice. Evidemment l’ancienne candidate ne veut pas en arriver là, ce serait un acte de défiance terrible envers un parti qui est encore le sien. On aboutit donc à cette position particulièrement tordue que l’on pourrait résumer ainsi : la victime demande à l’agresseur présumé de porter plainte contre le témoin à charge! Ça ne tient pas. Et la direction du PS qui demande une confrontation avec les auteurs du livre ?!Alors c’est une position impossible là encore. Si la direction du PS pense que les auteurs mentent, qu’elle porte plainte. Vouloir organiser une confrontation entre la direction du PS et les auteurs du livre est une aberration et dénote une conception du rôle de la presse bien étrange ; il y a, me semble t’il, une position de principe pour un journaliste : il fait une enquête, il publie le produit de son enquête. L’article, le reportage radio ou télé ou, en l’occurrence le livre se suffit à lui-même et il est bien sûr hors de question qu’il soit mêlé aux conséquences politiques qui résulteraient de ses révélations ; il peut tout à fait, dans un deuxième temps (et ce temps est peut-être arrivé), produire plus de documents, de preuves, sans dévoiler ses sources…mais il ne doit s’exprimer (hors d’un support journalistique) que dans le cadre d’une action en justice qui viserait à contester la véracités de ses dires et surtout pas dans le cadre d’une procédure interne à un parti !**

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