Retour sur le premier débat des primaires socialistes hier soir, sur France 2.

Alors c’était bien ! Hier, entre les images du Président Français visitant Tripoli libérée avec David Cameron et un débat politique de fond et de haute tenue entre les socialistes, nous avons vécu une belle journée pour la politique qui en connaît tant de sinistres et de désolantes. Nicolas Sarkozy a été recueillir les fruits de son engagement en Lybie. Il y a certainement du calcul politicien dans le timing, mais la réussite politique est avérée, le fruit politique est réel et bénéficie autant au Président qu’à la France. Soulignons l’effort qu’a manifesté Nicolas Sarkozy pour partager avec son homologue britannique les lauriers des la victoire allant à l’encontre de ce qui lui est reproché habituellement. Dans le camp d’en face et sur un tout autre registre, là encore, les socialistes ont contredit tous les commentaires automatiques sur la primaire, machine à perdre, broyeuse de débat. Je ne suis pas certain que les taux d’audience de l’émission d’hier soient faramineux, on les aura dans la matinée mais ce n’est malheureusement pas toujours les meilleures émissions qui font les plus gros scores. Tout ce que l’on pouvait craindre ne s’est pas produit. Les six candidats ont réussi à se distinguer sans trop trahir le projet qu’ils ont en commun et sans se dénigrer. Le tirage au sort qui définissait l’ordre de passage a mal fait les choses en propulsant Jean-Michel Baylet en seconde position, de quoi plomber l’audimat tant il apparaissait comme étant candidat à une sénatoriale pour radical franc-maçon égaré dans la présidentielle ! Soyons juste avec le maillon faible de la soirée, il aura au moins apporté, vers la fin une voix discordante et un peu audacieuse sur la question de la dépénalisation des drogues douces.

Le poids de la crise des finances publiques s’est fait aussi sentir dans le débat…

Oui, et si Nicolas Sarkozy a vraiment prévu d’axer sa campagne sur la dénonciation de l’irresponsabilité quasi génétique des socialistes, il va falloir sans doute qu’il trouve rapidement un autre angle d’attaque. Les six candidats ont, hier, fait assaut de prudence budgétaire. Même Arnaud Montebourg, qui était le seul sur le plateau, à refuser la contrainte du 3% de déficit en 2013 a veillé à ne pas faire de promesses d’augmentation généralisée de prestations et salaires. En réalité la posture, centre gauche, économe et rigoureuse, ce positionnement politique qui faisait le succès de Dominique Strauss-Kahn dans les sondages et qui fait maintenant celui de François Hollande a été validé, hier, par le ton général du débat. De ce point de vue, et alors que personne n’a fait de grosse gaffe ni de coup d’éclat, le rapport de force actuel (pour peu qu’il soit bien mesuré) ne devrait pas être bouleversé par l’émission d’hier soir. Les différences, sur le nucléaire, la nécessité ou non de promettre un retour à l’équilibre budgétaire, au delà des 3% de déficit ou l’efficacité du contrat de génération, ont été soulignées par François Hollande et Martine Aubry, les deux favoris. Ça n’a jamais mal tourné et surtout, à aucun moment l’un des candidats ne s’est attaqué à la capacité d’un autre à pouvoir être le président ou la présidente de la République. Ségolène Royal avait subi cette critique fondamentale il y a quatre ans. L’ensemble des candidats donnait vraiment l’impression de pouvoir se retrouver sur une tribune, unis derrière le vainqueur de leur compétition dans trois semaines. C’était sans doute leur plus belle réussite collective hier soir. Nicolas Sarkozy en Lybie et le débat de qualité hier soir, il ne faut pas oublier de souligner ce qui est positif en politique… Alors ne mégotons pas !

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.