Les candidats à la primaire de la droite s’interrogent à propos de la sincérité de N.Sarkozy sur le sujet.

Oui, en tant qu’ancien président, donc détenteur d’une légitimité de chef, supérieure à celle des autres, N.Sarkozy n’était, au départ, pas favorable, à la primaire. Il y est certainement toujours opposé mais il ne peut pas le dire. Critiquer les règles d’un jeu que tous ses concurrents plébiscitent le ferait apparaître comme mauvais joueur. Il doit s’y résoudre, l’évidence de sa suprématie n’est pas apparue, depuis son retour en 2014. N. Sarkozy a dû revenir plus tôt que prévu, accepter la primaire qu’il ne voulait pas et maintenant accepter que celle-ci soit bien plus ouverte qu’il ne l’avait envisagé. Il bat en retraite mais en criant « chargez » ce qui ne manque pas d’impressionner tous ceux qui n’entendent que le « chargez » sans voir tout ce qu’il cède au fil des mois. Le président du parti LR a même dû confier la mise en place de la primaire à un lemairiste (un partisan de B. Le Maire). N.Sarkozy, en revanche, est soupçonné par ses concurrents de vouloir rendre la primaire parfaitement inintéressante en limitant la possibilité de débats de fond, afin d’en réduire l’assiette électorale autour du noyau militant qui lui serait plus favorable.

Voilà pourquoi, il répète que tous les candidats doivent se conformer au programme que le parti s’apprête à élaborer.

Oui. Et c’est une question clef : quelle sera véritablement la nature de la primaire de la droite ? Deux chemins possibles. Celui qui a fait le succès des socialistes en 2012 : une compétition de personnalités ET d’idées. On pouvait aisément classer les candidats sur un axe gauche/droite dans la sphère idéologique PS. La primaire a permis aux socialistes (organisés en courants) de présidentialiser leur candidat en le soumettant à ce processus calqué sur le scrutin présidentiel. Le problème de la droite est inverse. De par sa culture politique, le chef est au centre du dispositif. L’UMP, sur la fin, avait connu les courants mais N.Sarkozy les a supprimés en créant LR. La primaire peut donc introduire cette notion de concurrence des idées. C’est ce que veulent Le Maire, Fillon et Juppé, en développant les leurs en ce moment. Deuxième chemin possible … celui de la compétition des leaderships autour d’un seul projet. C’est le chemin –normalement- le plus sûr pour le chef du parti. Derrière les choix stratégiques et partisans se cachent donc deux visions de la vie démocratique. Ils ne s’en rendent peut-être pas compte mais en ce moment, les candidats, déclarés ou non, à la primaire font aussi de la philosophie politique en posant cette question éternelle : le choix des hommes prime-t-il sur celui des idées ? Ou l’inverse ?

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