Vous revenez ce matin sur un revirement de Nicolas Sarkozy : son subit climato-scepticisme

Oui, les revirements de Nicolas Sarkozy, plus ou moins assumés, c’est, finalement, le thème qui s’est dégagé de la soirée d’hier… de sa conception de la laïcité à la nécessaire stabilité institutionnelle, en passant par l’exigence de limiter le déficit à 3%, entre autres... le plus surprenant des changements de pied de la part du signataire de la charte de Nicolas Hulot, de l’initiateur du Grenelle de l’environnement, c’est, bien sûr, sur le climat et l’implication de l’homme dans ses dérèglements. Comme, quasiment toute la droite (et même récemment l’extrême droite) Nicolas Sarkozy, sur les traces de Jacques Chirac, avait convenu, en 2007 –et devant la quasi-unanimité des scientifiques- que notre mode de vie, notre façon de produire pesaient dangereusement sur les équilibres de la planète et appelait à en tirer toutes les conséquences : soit à changer notre façon de vivre, soit à orienter au plus vite la recherche sur les énergies renouvelables, et de préférence, les deux. D’accord, pour beaucoup de dirigeants des pays industrialisés, ce discours avait du mal à se transformer en actes, mais au moins avait-il les accents de la sincérité et s’inscrivait-il dans une prise de conscience généralisée qui paraissait inéluctable. Et, alors que même Vladimir Poutine, même la Chine et les Etats-Unis, les plus gros pollueurs, conviennent que l’homme est responsable du dérèglement climatique et envisagent des solutions, voilà que Nicolas Sarkozy relativise ce constat en parlant même –dans un surprenant exercice d’astronome- de la responsabilité d’un changement d’inclinaison de la planète pour expliquer le réchauffement !

Il dit que le principal problème de la planète n’est plus le climat mais la surpopulation.

Et c’est là que l’on a vraiment du mal à suivre… parce que justement la surpopulation que redoute Nicolas Sarkozy n’est un problème que si ces populations à venir, à travers la planète, devaient vivre, produire et consommer comme nous, selon nos standards et avec les mêmes sources d’énergie. Le grand démographe Alfred Sauvy répondait déjà, dans les années 70, à l’argument d'un trop-plein de population, en expliquant que l'agression de l'environnement est moins une question de " surnombre " qu'une question de mode de vie : l'argument de la surpopulation est un faux prétexte destiné à dissimuler le véritable problème du gaspillage dans nos habitudes de consommation, expliquait-il en visionnaire. Nicolas Sarkozy, finalement, en pointant le danger de la surpopulation est le monsieur Jourdain de l’écologie. Il fait de l’écologie sans le savoir puisqu’on n’imagine pas bien sûr qu’il prône la limitation forcée des naissances, à la chinoise. La conséquence logique de sa nouvelle position serait d’appeler à un changement radical de notre mode vie, d’appeler à produire localement et à décarboner complètement l’économie. Ce qu’il se garde bien de faire, bien sûr. C’est le moment –devant cette incohérence- où l’on se demande si ce revirement est stratégique, dans le cadre d’une campagne des primaires qui ne s’adresse qu’au cœur électoral de la droite (partie de l’opinion la plus rétive aux thèses écologistes), ou si c’est une nouvelle opinion sincère… Et là, j’avoue, mes capacités d’analyse politique atteignent leurs limites.

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