5 jours avant le premier tour de l'élection présidentielle dimanche, 5 jours de campagne. Mais qu'en font les candidats ? Rattraper le temps perdu ? Non, ça c'est trop tard. Mais poser des marqueurs, rappeler des évidences, et tenter d'imprimer sur la rétine de citoyens souvent saturés, une image ; celle qui fera la différence, dimanche dans le secret de l'isoloir. Voilà à quoi petits et grands candidats passent leurs dernières heures de campagne. Marie-George Buffet part aujourd'hui rencontrer des dockers du Havre et des équipementiers auto, la base ouvrière, la candidate communiste espère qu'elle peut encore compter sur elle. Jean-Marie le Pen, qui avait fait un tabac dans l'électorat populaire en 2002, fait le même calcul et part aujourd'hui de façon impromptue dans le Pas de Calais. François Bayrou n'en finit plus de se présenter comme le démolisseur en chef du mur de Berlin de la politique française, en attendant, il passe ses denrières heures à démolir surtout Sarkozy et Royal. Mais ce qui est vrai des candidats challengers, l'est plus encore évidemment pour les favoris ou les supposés tels. Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on a juste arrêté de respirer. Tenir, tenir encore 5 jours... avec pour seule crainte curieusement, un scénario à l'espagnol, quand les attentats du 11 mars et le mensonge d'état de José-Maria Aznar avaient ruiné en quelques jours tous les espoirs de victoire du favori. Autour du candidat, les proches sont donc muselés, cadenassés, plus question de faire la moindre gaffe. L'épisode Hortefeux, et sa proposition inopportune d'introduire une dose de proportionnelle, tétanise tout le monde. Désormais, le candidat seul décide, le candidat seul parle. Après avoir abondamment cité Jaurès, Blum et Mocquet, après avoir tendu quelques perches aux électeurs FN, Nicolas Sarkozy revient à ses fondamentaux. La tombe du Général de Gaulle hier pour l'image, de continuité et de rassemblement, le pape Jean-Paul II comme inspirateur de son moi profond, l'homme qui a dit à la jeunesse "n'ayez pas peur" ça tombe bien, et François Mitterrand enfin pour la comparaison d'homme d'état - ça s'appelle des marqueurs politiques. Ségolène Royal a évidemment aussi les siens. La venue de Robert Badinter hier à Nantes et la reprise du slogan Mitterrandien de la "force tranquille" avaient valeur de symbole, pour ceux qui ne l'auraient pas compris, continuité de la gauche et vrai bouleversement. La présence de Zapatero pour le dernier meeting à Toulouse jeudi en sera un autre. Sur le fond, la candidate va passer ses dernières heures à tenter d'éclairer systématiquement le clivage qui existe entre elle et Sarkozy. A 5 jours du premier tour explique un proche, on ne fait plus dans la dentelle, c'est noir ou c'est blanc. Et Ségolène évidemment, c'est blanc. L'élément perturbateur qu'on craint le plus autour d'elle ? "Nos vieux cousins qui en fin de repas racontent toujours des conneries" explique crûment un proche de la candidate pour parler des Rocard et autre Kouchner qui ont failli mettre le feu à la maison le week-end dernier. Plus que 5 jours à tenir donc... et des nerfs d'acier nécessaires pour chacun des 12 candidats.

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