Oui, avec la campagne de Nicolas Sarkozy puisqu’on apprend que le Président vient de faire rayer des statuts de l’UMP, ce qu’il avait lui-même institué : les primaires. C’était un détail mais il ne fallait pas l’oublier. Donc, si tout va bien … (et d’ailleurs aussi, si tout va mal, comme aujourd’hui en matière de popularité) Nicolas Sarkozy devrait être candidat. Avec quel programme ? L’UMP de Jean-François Copé se met au travail avec une difficulté particulière : faire oublier 2007. Ce que proposera Nicolas Sarkozy pour son prochain mandat ne pourra pas ressembler, de près ou de loin, à ce qu’il avait proposé en 2007. Et il encourra, forcément, le risque de la contradiction flagrante. Des slogans comme « travailler plus pour gagner plus » ou des mesures emblématiques comme le plan Marshall pour les banlieues sont caduques. Comme pour la gauche, les promesses coûteuses ne seront plus de mise mais en plus, la difficulté pour la droite est que le discours habituel -celui d’ailleurs, qui avait été dominant chez Nicolas Sarkozy en 2007, celui de l’adaptation de la France à la mondialisation- ne sera plus de mise non plus. D’ailleurs en chargeant Bruno Lemaire, Villepino-Chiraquien (donc à cent lieues de la rupture de 2007) de rassembler les idées des think tanks et autre clubs de droite, pour en être, en suite, l’incubateur et la plume du programme, l’UMP montre à quel point la campagne de 2012 sera différente de la campagne de 2007. Mais c’est normal, il y a eu la crise !Oui mais cet argument est compliqué à manier parce que ça voudrait dire que les promesses de 2007 n’étaient pas adaptées aux temps de crises. Ça veut dire que les mettre en œuvre aurait aggravé la crise, un peu comme si on vous vendait un vélo que pour les descentes ! Mais comme pour la gauche, qui, du fait de la crise, ne peut plus promettre un Etat dépensier, la droite est obligée d’admettre que ses solutions, celles en tout cas de 2007 où l’on nous disait qu’il fallait que la France s’adapte à la mondialisation et au libéralisme ambiant, ces solutions ressemblaient à ce qui a donné la crise. Par exemple une « France de propriétaire », l’un des slogans de la dernière campagne supposait plus de facilité d’endettement. Solution rendue obsolète et même nocive, aux yeux de tous, par la crise de septembre 2008. Alors on commence à percevoir quelques bribes de ce que devrait proposer le Sarkozy 2012. L’Etat doit se concentrer sur des missions prioritaires, dit-on déjà dans les cénacles qui planchent au futur programme. Le problème c’est que c’est exactement aussi ce qui se dit dans les cénacles qui planchent pour le futur candidat socialiste. Autre discours qui monte, en ce moment à droite pour l’avenir c’est qu’il faut reformer, notamment la fiscalité, dans le sens d’une coordination avec nos partenaires européens (ça aussi ça monte au PS). Cette idée qu’on ne règlera rien tout seul. Une idée délicate à manier parce qu’elle peut ressembler à un début d’aveux d’impuissance. S’il se confirme que c’est sur ce constat, assez évident d’ailleurs, que va se baser le programme économique du Président, il faudra admettre que (logiquement) rien ne dépend, uniquement de nous. C’est intéressant parce que ça va à l’encontre d’une certaine forme de volontarisme nationale qui était le carburant du Sarkozy 2007. Le Sarkozy 2012 saura-t’il trouver les mots pour dire l’inverse du Sarkozy 2007 en restant crédible. On souhaite bon courage à Bruno Lemaire. Mitterrand 88 (réélu) avait réussi à faire oublier Mitterrand 81. Encore une fois, François Mitterrand est le modèle stratégique de Nicolas Sarkozy.

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