Après le choc des régionales, F. Hollande, M. Valls et le PS se répartissent les rôles pour apporter la réponse de la majorité.

Oui, F. Hollande se fait plus Président que jamais. Quand le principal parti de la majorité perd les élections, le président - c’est normal - se souvient qu’il n’est pas l’homme d’un parti mais qu’il est le Président de tous les Français. Et comme les attentats et la COP21 l’ont placé dans la stratosphère politique, ce n’est pas le moment d’en redescendre. Les thuriféraires de F. Hollande tentent, en ce moment, d’imposer un mot à son sujet : il serait « olympien ». Oubliée depuis longtemps, la normalité, les évènements sont d’une telle ampleur qu’il nous faut une statue vivante. F. Hollande devient imperméable, isotherme, et imperturbable ; son aura ne se dissout plus dans l’eau des pluies diluviennes du début de son mandat. Il se "marmottise ". Du coup, il parle peu, mais d’en haut. Il parle d’unité nationale, de rassemblement, d’établir des ponts entre les Français. Avec X. Bertrand qui fait office (à juste titre) d’homme digne du moment, il inaugure un monument du souvenir de la fraternisation des soldats allemands et français pendant la Grande Guerre. Le symbole est bien choisi, contre la logique meurtrière des nationalismes. Puisqu’il est en haut, il abandonne cette idée basse et contradictoire avec l’idée républicaine de déchéance de nationalité pour les natifs français. Une idée brandie à chaud, dans la colère, soit par un sens tactique aigu (couper l’herbe sous les pieds de la droite toujours prompte à la surenchère sécuritaire), soit – plus probablement – par manque de sang-froid et de repères. Seul raté de la période des attentats. Bref, F. Hollande est perché sur les hauteurs de la politique…et, par les temps qui courent, ça ne peut pas faire de mal.

Mais ce ne sont pas les symboles, ou le caractère même « olympien », qui fera baisser le chômage.

Non, là il faut s’adresser à l’étage du dessous. M. Valls. Mais c’est par le même procédé et l’on reste dans les grands mots : union des forces de droite et de gauche, envisager toutes les solutions sans s’opposer aux idées des autres, juste parce qu’ils sont de l’autre côté d’une barrière de plus en plus artificielle qui sépare droite et gauche. Cela agacera les plus politisés mais c’est ce qu’une grande partie des Français attendent. Si vous descendez d’un étage, le parti ! Là aussi, ce sont les grands mouvements. On parle d’ouvrir les fenêtres et les portes. Le PS doit s’adresser aux bonnes volontés, aux associations de terrain, qui contrairement aux partis et aux syndicats, sont vivantes, prisées par des centaines de milliers de Français altruistes qui pourraient aider les socialistes à définir un nouveau projet. Ce n’est pas la première fois que le PS ressent l’urgence de tout refonder. Après la catastrophe électorale de 1993, M. Rocard avait parlé de la nécessité d’un bigbang . Là, le travail est immense car il s’agit, rien de moins, pour la social-démocratie, que d’inventer l’éco-socialisme , de trouver une réponse progressiste à l’ubérisation et à la financiarisation de l’économie, à la crise identitaire, au retour du religieux et du nationalisme, et accessoirement à la guerre qui revient. ‘La pente est rude ’ pour les socialistes, comme dirait leur nouvel ami : J-P. Raffarin.

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