**Vous nous annoncez ce matin le retour de Dominique Strauss-Kahn pour un séjour millimétré.C’est aujourd’hui que le messie de Washington arrive à Paris, pour participer demain soir à la réunion du G20 finances, à l'Elysée. Il va donc se retrouver face à Nicolas Sarkozy, dont les amis se sont illustrés ces derniers jours en traitant le big boss du Front Monétaire International de candidat de la gauche « ultra caviar » ou « bobo ». Mais derrière sa visite officielle, se dessine une opération médiatique, qui survient dix jours après la petite phrase de son épouse Anne Sinclair dans le magazine Le Point, « je ne souhaite pas qu'il fasse un deuxième mandat au FMI ». Parce que Dominique Strauss-Kahn veut montrer qu'il revient. Il sera confronté demain aux lecteurs du Parisien Aujourd'hui en France. Un fidèle explique: « Ce sera le pendant du Paroles de Français de Nicolas Sarkozy sur TF1, vous verrez, Dominique est vraiment en empathie avec les gens». Notre confrère Le Parisien hésite sur la date de publication de ce dossier évènement, est-ce que ce sera ce week-end ou lundi ? Parce qu'il y aura aussi une interview au 20h de France 2 dimanche soir. Va-t-il annoncer sa candidature ?« Non, pas tout de suite », répond un député strausskahnien, sous couvert de l'anonymat! Vous savez, c’est comme avec le programme de protection des témoins, celui qui parle en son nom risque à chaque instant d'être frappé par la foudre… Mais « oui, il se présentera, d'ici juillet », affirme ce proche soutien. Le Nouvel Observateur ne dit pas autre chose ce matin, avec un titre sans équivoque: « DSK, c'est parti ! » Mais il y a une difficulté majeure pour lui: il n'a pas le droit de parler de politique hexagonale. Le service juridique du FMI surveille chacun de ses mots, et sera impitoyable avec le moindre écart de langage. Comment répondra-t-il aux questions du panel du Parisien ?En versant dans le subliminal. Si un lecteur lui demande : « que pouvez-vous faire pour améliorer mon pouvoir d'achat », DSK pourra deviser sur la régulation monétaire mondiale, ou la dévaluation du yuan. Parce que tout est lié, du moins, c'est ce que le patron du FMI veut tenter de démontrer, pour faire taire ceux qui l'accusent d'être trop éloigné du quotidien des Français. L’exercice s’annonce compliqué, pour ne pas dire lassant. Certains auditeurs exaspérés nous écrivent déjà pour nous dire : arrêtez avec votre match Sarkozy-Strauss-Kahn, ils ne sont même pas candidats ! DSK doit tenir cinq mois comme ça, avec des sondages qui commencent à montrer de petits signes d'érosion. Il caracole toujours en tête du baromètre Ifop Paris Match, mais l’écart s’est resserré avec les autres ténors du PS, qui ne lui feront pas de cadeau. A commencer par Martine Aubry, qui a accéléré la cadence. Ils ont tous deux besoin l’un de l’autre, il est le mieux placé, elle tient le parti, leur entente perdure, mais pour combien de temps ? Sans parler des autres prétendants déjà en campagne. Enfin, et ce n’est pas très agréable, Dominique Strauss-Kahn, une fois de plus ce week-end, sera obligé de se planquer comme un clandestin pour voir ses amis socialistes. Oui, le Messie veut y aller, mais tous ses adversaires l'attendent au tournant, et lui promettent un chemin de croix vers l'Elysée.**

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