Nicolas Sarkozy a donc été mis en examen hier dans l’affaire Bygmalion.

Il y a quelques semaines on pouvait penser que Jean-François Copé serait mis en examen alors que Nicolas Sarkozy déroulerait sa stratégie de reconquête. Et puis, là, retournement de situation, pendant que l’ancien président répondait aux juges, Jean-François Copé réactivait ses réseaux en vue de la primaire. Les amateurs de House of les Républicains ou du Baron LR auront été servis. Songez plutôt… dimanche soir, Jean-François Copé, sur France2, alors que Nicolas Sarkozy est sur TF1, Jean-François Copé fait sa déclaration de candidature, avec en bonne place, parmi ses arguments, celui – c’est quand même singulier et troublant- celui d’être ressorti du bureau des juges sans mise en examen, sans aucune charge retenue contre lui dans l’affaire Bygmalion. Et Copé de préciser surtout : « si j’avais été mis en examen, bien sûr je n’aurais pas imaginé pouvoir être candidat », comme pour bien souligner, trois jours avant la mise en examen de l’ancien président, que cette mise en cause judiciaire et le statut de candidat à la primaire sont, bien sûr, moralement incompatibles. Après avoir vécu des mois de mise à l’écart, d’ostracisme par les leaders de son propre camp qui l’espéraient mort politiquement et enterré électoralement, JF Copé, reparti comme en 40, écume les médias et promeut son livre à tout va.

Mais la mise en examen de Nicolas Sarkozy ne signifie pas qu’il est hors course pour la primaire !

Non, ses partisans n’ont pas du tout l’air de considérer qu’une mise en examen entrave sa capacité à être candidat. Du moins, ils feignent de le croire. Et même vous allez voir qu’ils vont faire de cet épisode une raison de plus pour Nicolas Sarkozy de se lancer dans la bataille. « Il n’est pas homme à se laisser abattre », « un homme, seul contre tous » vont-ils dire avec le ton des bandes annonces de films d’action américains ! Il y a, surtout à droite, une mythologie du héros couturé, traqué, qui subit toutes sortes de violences politiques de la part de adversaires, avec l’aval d’un pouvoir malveillant, un homme qui revient forcément renforcé par l’épreuve. JF Copé actionne ce ressors pour lui-même en ce moment, Alain Juppé a pu en bénéficier plus efficacement sans doute parce que le temps a passé. Les Sarkozystes vont aller à fond dans la victimisation héroïque. Une, puis deux mises en examen, c’est autant de cicatrices glorieuses censées rendre plus épique encore le retour du héros. Edmond Sarkozy Dantès doit passer par là pour magnifier sa revanche sur 2012. Alors qu’il s’agit –rappelons-le - d’un vulgaire, massif et peu reluisant dépassement de dépenses de campagne : 50 millions dépensés pour 22,5 autorisés ! En fait, j’avais prévu, ce matin, non pas de me référer aux bonnes séries télé ou aux navets de super héros américains mais plutôt de René Rémond en me livrant à une analyse du bonapartisme comparée de Sarkozy et Copé, par rapport à l’orléanisme d’un Fillon ou d’un Juppé. La mise en examen m’a fait dévier de ce sujet intéressant que je remise donc par devers moi, pour une autre fois.

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