François Bayrou sera-t-il candidat ? Il doit donner sa réponse ces jours-ci ?

Oui, le maire de Pau réfléchit… Essayons de faire comme lui, de faire l’état des lieux à 60 jours du scrutin pour voir s’il y a une place : Marine Le Pen consolide, de jour en jour, son 1er tour. La gauche est divisée et on ne voit pas Hamon ou Mélenchon s’effacer. Et même unis, ces 2 là semblent trop excentrés vers la gauche par rapport à la société en ce moment. François Fillon ne peut plus tenir son discours churchillien sur la question sociale. Il est obligé de singer Nicolas Sarkozy, dans une surenchère sécuritaire, qui lui-même singeait Marine Le Pen. On sait où cela a mené Nicolas Sarkozy ! Enfin il y a Emmanuel Macron. La conjoncture politique lui est favorable mais l’homme intrigue toujours (ses déclarations erratiques sur la colonisation ou le mariage pour tous en témoignent) …il intrigue autant qu’il séduit.

Donc, François Bayrou a-t-il sa place dans ce tableau ?

Aujourd’hui, non ! L’espace du centre, celui de François Bayrou, est pris par Emmanuel Macron. Le candidat de En Marche est déjà donné plus haut (autour de 20) que le meilleur score de François Bayrou en 2007 avec 18,5%. Et puis le leader centriste, bien que populaire et respecté, n’incarne pas le renouvellement, l’esprit chamboule-tout du moment. Mais François Bayrou sait que ce paysage ne peut pas rester en l’état. Et c’est cette grande incertitude qui entretient son espoir. Que se passerait-il si finalement François Fillon était contraint de renoncer ? Le parquet financier, qui a fait savoir hier qu’il ne pourra pas classer sans suite, accentue encore la pression sur l’avenir du candidat LR. Si Alain Juppé devait le remplacer au pied levé, le retrait d’un François Bayrou déjà candidat serait utile pour le maire de Bordeaux, obligé de reprendre la barre du Titanic, si près de l’iceberg. Si le phénomène Macron venait à dérailler, l’espace au centre se libérerait. Si les affaires d’emplois fictifs au parlement européen finissait par atteindre le FN, toutes les cartes de la présidentielle en seraient rebattues. En fait François Bayrou, qui tente (comme tous les animaux politiques de cette trempe) d’aligner lui-même toutes les planètes favorables à sa candidature, analyse en ce moment tous ces « SI » et bien d’autres auxquels nous n’aurons pas pensé. La réalité, insoupçonnable sera d’ailleurs sans doute encore différente ! Mais pour l’heure, si le but de François Bayrou est de barrer la route au FN, le principal facteur (qui est aussi une inconnue) c’est quand même la solidité du seul candidat qui peut réunir des voix de droite et de gauche…la solidité d’Emmanuel Macron. Il est encore trop tôt pour en juger et il sera encore trop tôt le 20 février, date butoir que s’est fixé lui-même François Bayrou, pour prendre sa décision. Le plus logique serait, en réalité, qu’il ne se présente pas. Mais chacun le sait, on ne fait rien de grand en politique en cherchant la voix la plus logique. François Bayrou a le sentiment d’avoir eu raison avant les autres sur tant de sujets. Saura-t-il résister à son envie de le prouver, à sa conviction d’être l’homme, cette fois-ci, de la situation, conviction dont enfin les Français s’apercevront ? Ça se passe en ce moment dans sa tête et Dieu merci nous n’y sommes pas.

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