Tous les candidats déclarés à la présidentielle sont désormais sur le terrain, réel ou médiatique pour faire leur campagne. Mais ce qui frappe ce matin, c'est qu'au PS comme à l'UMP, ça manque un peu de clarté. C'est l'histoire de deux mails reçus dans la même boite aux lettres. Le premier a pour en tête le slogan "Ensemble tout devient possible" surmonté d'un oiseau. Il annonce un point presse des porte paroles de Nicolas Sarkozy ce matin au siège de campagne. Il émane du QG du candidat. Le second a pour en tête le logo bleu blanc rouge de la république française. Il annonce lui le déplacement du "ministre d'état, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire" demain, sur le plateau de Saclay pour visiter le Synchrotron et rencontrer des étudiants. Problème ? Et oui problème! Parce que quand Nicolas Sarkozy détaillait, il y a quelques jours, le rythme de sa campagne, "3 déplacements par semaine disait-il, 2 en province, 1 en région parisienne", on avait cru comprendre que c'était le candidat qui partait à la rencontre des français. "Mais non, ministre, candidat, il est les deux, où est le problème ? Vous vous souvenez de Jospin quand même ?", s'insurge son entourage questionné sur cette confusion des genres, sinon des moyens. Car au-delà du problème des comptes de campagne, de toute façon "ces comptes, c'est de la poudre de perlimpinpin" assure une personnalité qui en a déjà tenus. Ce cumul des fonctions et des statuts - pas nouveau c'est vrai, mais est-ce une excuse ? - embrouille les esprits et les consciences. Alors pour savoir quand on a à faire au candidat, quand au ministre, un indice : le candidat arrive en berline aux vitres claires et porte un col roulé. Le ministre lui se déplace en voiture officielle, vitres fumées et porte un costume. C'est le seul moyen qu'on a trouvé pour l'instant pour distinguer les 2. Ca peut paraitre mince. Le PS lui, est dans une autre confusion. Oui, confusion qui tient moins à la diffusion de fausses informations relatives au patrimoine de Ségolène Royal, mais d'une vraie réalité - c'est qu'elle paie l'ISF ! - qu'au débat interne entre la candidate et le premier secrétaire du PS. Car ce qu'a révélé l'embrouillamini autour du débat sur les impôts entre François Hollande et Ségolène Royal, c'est d'abord la non complémentarité du couple politique, c'est aussi la tension autour du style et du rythme de campagne de la candidate. Le premier réclame un "devoir de vérité" face aux français, la seconde esquive le débat et, hiératique a du mal à bouger de son calendrier à rallonge dans lequel il faut attendre le 11 février, puis le 18 mars pour avoir enfin ! son projet présidentiel. La semaine dernière, le PS a obtenu du staff de la candidate UNE réunion de coordination par semaine. La première a lieu aujourd'hui, en plein maelstrom sur la "fortune" du couple. Avec l'espoir bien sûr d'effacer un peu de la confusion qui s'est emparée de la campagne Royal.

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