les régions demandent une réforme de l'etat déconcentré
les régions demandent une réforme de l'etat déconcentré © reuters
**Vous revenez ce matin sur la refonte des collectivités locales évoquée[ par François Hollande mardi](http://www.franceinter.fr/depeche-francois-hollande-la-conference-de-presse)** Oui, et c’est un chantier compliqué et long qui s’est ouvert dès 2010 avec une loi voulue par Nicolas Sarkozy qui offre aux collectivités locales la possibilité d’expérimenter des fusions ou des unions. Après une lente évolution du droit, qui a permis aux villes d’organiser l’intercommunalité, la loi de 2010 fixait aussi les règles pour les départements et les régions. C’est ainsi le Bas-Rhin et le Haut-Rhin ont faillis être réunis. Un référendum dans toute l’Alsace en a décidé autrement. Mais c’est ainsi que la métropole de Lyon va pouvoir, avec l’accord du Conseil Général du Rhône, absorber les compétences du département qu’elle recouvre largement. [Une nouvelle loi est prévue pour faciliter ces rapprochements et permettre à deux régions ou deux départements de s’unir, ou à un département de rejoindre une région, sans passer par l’étape du référendum](http://www.franceinter.fr/depeche-une-reforme-territoriale-de-longue-haleine). Alors depuis deux jours on parle beaucoup de la réduction du nombre des régions mais c’est ce qui aurait le moins d’influence sur la vie des Français. Et, à l’image [du président de la région Picardie qui dit quasiment, sur son blog, qu’il est prêt à se faire harakiri si l’on supprime son entité](https://www.picardie.fr/Reaction-de-Claude-Gewerc-a-la), des tas de baron locaux inconnus vont faire traîner les choses. La géographie administrative française étant une accumulation de petits pouvoirs, mais aussi de l’Histoire, et donc des passions, autant ce concentrer sur les vrais enjeux, c'est-à-dire la réorganisation des compétences entre les départements et les communes. **Pourquoi ne pas supprimer, purement et simplement les départements ?** Le but c’est que les départements disparaissent au profit de l’intercommunalité dans les zones urbaines, mais dans des zones rurales, le département s’avère adapté pour pallier l’absence d’agglomération suffisamment importante. C’est vrai que d’une manière générale les départements, dont la taille a été fixée par Sieyès, après la révolution pour que chacun puisse se rendre à cheval au chef lieu en moins d’une journée, n’est plus pertinente. La nouvelle carte administrative doit naître des expériences locales avec l’idée de développer un territoire plutôt que de l’administrer. Dans la Nièvre, par exemple, il y a 219.000 habitants (c'est-à-dire moins que dans le XVième arrondissement de Paris) 300 communes, 130 intercommunalités, et Nevers capte quasiment toute l’énergie créatrice de richesse. Il faut donc une organisation différentes et simplifiée. Le département pourrait n’être qu’une association d’intercommunalités. La carte de France, dans 10 ans ne devrait plus ressembler à un jardin à la française avec un quadrillage régulier et les mêmes compétences pour toutes les communes et tous les départements. Pour l’aménagement du territoire comme dans bien des domaines, (l’Éducation par exemple) on s’aperçoit que l’uniformité jacobine, sur laquelle s’est construite la France républicaine n’est plus garante de l’égalité et de l’unité. Et c’est une bonne nouvelle que Nicolas Sarkozy (qui a initié le mouvement), puis François Hollande (qui va l’amplifier) aient renoncé à la tentation d’être de grands géographes Jacobins. [Paris aura quand même un rôle moteur](http://www.franceinter.fr/depeche-les-departements-de-la-premiere-couronne-de-paris-dans-le-viseur) puisque les dotations financières venant de l’État seront indexées sur le dynamisme des collectivités locales à se regrouper et à rationaliser leur compétences… C’est aux élus de ne pas se comporter comme des barons assis sur leur territoires. Et aux électeurs à les juger à l’aune de ce critère.
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