**Vous nous parlez ce matin de la naissance d’une ONG qui veut être un contre- pouvoir face aux banques et à l’industrie financière.Oui et cette organisation qui s’appelle Finance Watch va venir combler un manque cruel dans le débat démocratique, celui de la contre-expertise, du contre-pouvoir face à ce qui apparaît aujourd’hui comme LE pouvoir, à la fois le plus puissant, le plus incontrôlable : le pouvoir de l’industrie financière et bancaire. Cette industrie, indispensable, peut être dangereuse pour l’économie, on le voit de façon éclatante depuis l’automne 2008, mais elle est aussi destructrice pour la politique tout court. L’industrie financière impose ses règles, ses chiffres, ses analyses, ses propres systèmes de contrôle et de notation dont on a pu mesurer l’inanité ces derniers mois. Il y a bien les syndicats ou les partis politiques qui, depuis longtemps, prônent une alternative à notre modèle de développement, mais ces partis et l’industrie financière ne parlent pas la même langue et surtout ne combattent pas sur le même terrain. L’industrie financière ne revendique pas le pouvoir, elle en détient une part, c’est tout. Dans le domaine de l’environnement, par exemple, l’industrie dominante et productiviste, a longtemps été tranquille et sans contraintes. Mais depuis quelques décennies il y a des groupes d’experts indépendants, et reconnus comme le GIEC, il y a des ONG proactives comme Greenpeace qui veillent au grain, dénoncent, font de la communication de masse pour alerter l’opinion et les gouvernants. Il en va de même dans le domaine des droits de l’Homme...Oui avec, Amnesty ou Human Rights Watch, des organisations très efficaces et crédibles qui mènent des batailles de contre-pouvoir et d’alerte essentielles. En ce moment, d’ailleurs, c’est grâce à ces organismes que l’on peut savoir, à peu près, ce qui se passe à l’intérieur de la Syrie par exemple. Ces ONG qui entretiennent des relations assez étroites avec la presse, sont devenues des outils indispensables à l’établissement d’une opinion publique éclairée. Une organisation comme Transparency International fait ce travail sérieux sur les questions de corruption dans le monde… Mais, c’est vrai, il n’y avait rien de tel pour nous alerter sur les ravages et les dérives de l’industrie bancaire et surtout pour scruter précisément les faits et gestes de cette industrie très technique, opaque et puissante. Un groupe de parlementaires européens, autour de Pascal Canfin, écologiste, Pervenche Berès, socialiste et Jean-Paul Gauzès, UMP, entre autres, vient donc de créer Finance Watch. Ce ne sera pas un groupe politique, il s’agira bien d’une ONG mais si l’origine est parlementaire, c’est que les députés européens sont frappés par la puissance des lobbies de l’industrie financière qui les submergent d’informations et d’arguments et par la faiblesse d’un contre lobbying crédible et audible sur ce sujet. D’anciens traders, des universitaires, des experts de la finance vont rejoindre ouvertement (ou pas) Finance Watch qui va aussi mutualiser les efforts de plusieurs ONG pour offrir des contre-expertises et devenir une sorte de Greenpeace de la finance. Si vous êtes un banquier ou un trader et que vous avez gagné beaucoup d’argent ces dernières années, si vous avez quelques remords en regardant l’actualité grecque, par exemple, ou alors si vous avez simplement envie d’aider cette ONG naissante et nécessaire, alors allez sur www.finance-watch.org ; le site vient juste d’ouvrir, on peut faire des dons !### liens

Le site de Finance Watch**

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