Le PS réunit ses instances dirigeantes aujourd’hui à midiOui, le PS doit arrêter une marche à suivre. Pour l’instant, celle qui a été fixée depuis hier consiste à séparer complètement l’affaire Strauss-Kahn de la vie et du calendrier des socialistes. C’est logique. C’est logique mais ça ne correspond certainement pas à la réalité nouvelle qui va s’imposer. Les primaires socialistes sont maintenues, soit ! Mais pensez-vous que dans ce contexte et alors que, pendant encore de longs mois nous allons être submergés par ce qui va devenir le feuilleton, le thriller de l’été et de l’automne, et au-delà, les sympathisants auront le cœur à départager des personnalités qui pensent la même chose? C’est vrai, le problème se posait déjà quand DSK était dans la course puisque lui aussi faisait la même analyse de la crise… le prochain président, selon le programme du PS aura 15 milliards de marge de manœuvre pas plus, un déficit qu’il faudra contenir et quelques priorités identifiées. On en pense ce que l’on en veut mais Strauss-Kahn, Aubry, Hollande et Royal font cette analyse. Seul Arnaud Montebourg peut se différencier sur les questions de finances publiques pour la simple raison qu’il n’est pas (dans l’état actuel des choses) en position de gagner. Quand il s’agissait d’organiser les primaires, au début, on l’oublie, c’était pour l’ensemble de la gauche. C’était l’ambition et la logique du projet… et pour qu’à la fin chacun se retrouve autour du gagnant. Dans un premier temps les partenaires du PS ont décliné l’offre. Les primaires ont été maintenues et il y avait un grand favori. Aujourd’hui, sans DSK, la bataille sera beaucoup plus serrée, donc plus rude. Mais comme elle ne sera pas idéologique, ou alors faussement idéologique, elle se fera forcement sur les personnalités. Et en quoi une compétition sur les personnalités, sans DSK, serait plus problématique ?Nous n’avons pas trop l’habitude d’évoquer ici les querelles de personnes mais là, il s’agit de querelles qui influencent la stratégie de chacun. Chacun sait que Martine Aubry et François Hollande en particulier ne s’entendent pas du tout et on n’ose pas imaginer une compétition, uniquement tournée sur des questions de personnalités avec ces deux protagonistes qui seraient dans un mouchoir. Ne parlons pas d’un duel Hollande/Royal. En réalité cette génération de socialistes, enfants gâtés de l’ère Mitterrand, une génération qui n’a pas connu la guerre, qui a déjà connu les honneurs du pouvoir national ou local, devrait faire preuve de responsabilité et s’entendre pour présenter l’un des leurs, directement avec le soutien des autres, dès lors que sur le fond, on est certain que Aubry, Royal, Hollande, tous trois néo-deloriens, sociaux démocrates, feraient, à peu de chose près la même politique, avec la même majorité, les mêmes ministres... On ne voit pas pourquoi ils se livreraient à une fausse compétition d’idées, usant leurs arguments alors qu’aucun d’eux n’est assuré, pour l’heure de figurer au second tour en 2012 et que Marine le Pen est largement fournie, en ce moment, en carburant par ce qui arrive à l’un des leurs. Sans doute l’état de choc et de sidération dans lequel se trouvent les socialistes, de façon tout à fait compréhensible, les empêchent, pour l’instant, d’appréhender la réalité de la nouvelle donne. S’ils ne finissent pas par s’en rendre compte, il sera alors peut-être temps de passer à la génération suivante.

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