Vous avez suivi hier, la conférence de presse du Président…

Et je l’ai trouvée plutôt réussie. La force qui commence à se dégager de François Hollande c’est la stabilité de sa ligne. On peut ne pas être d’accord avec cette ligne social-démocrate (voire social-libérale) mais toujours est-il qu’il la tient et n’en démord pas depuis la primaire socialiste ! Il refuse d’ailleurs de la qualifier de social-démocrate (et encore moins évidemment de social-libérale), il dit « socialiste »… mais c’est bien une ligne très centriste que suit depuis le début François Hollande. Certes, on ne peut pas dire qu’elle lui réussisse en terme de popularité, ni même, pour l’instant en terme de résultats tout court pour la France ! Mais la façon assez dégagée, distanciée, avec laquelle il semble regarder sa cote de popularité en berne est étonnante. Aucune aigreur, ce n’est pas la faute des sondages, des journalistes, de l’opposition. Il semble sûr de son affaire et ça lui donne une certaine prestance qui lui manquait jusqu’alors. « D’habitude on dit que la gauche dépense et puis s’en va », fait-il remarquer. « Là, la gauche fait des économies et va rester », poursuit-il ! L’argumentaire que François Hollande développe sur les retraites, sur le marché du travail, sur les déficits, se devinait pendant la campagne et au début de son mandat mais, en roublard élevé au lait du mitterrandisme, il avait su rester dans une certaine ambigüité. Il fallait bien se faire élire ! La phase de désillusion était donc inévitable. Il n’a pas l’air de s’en étonner. Au fil de ses interventions il est de moins en moins flou et donc de plus en plus ouvertement social-démocrate-centriste. On peut s’en offusquer ou s’en réjouir mais au moins sa ligne reste la même, elle devient simplement plus claire.

Pourtant quand un journaliste lui demande s’il faut choisir entre les lignes Moscovici et Montebourg, il ne répond pas si clairement.

Non, il ne l’a pas fait, c’est le petit reste de brouillard entretenu par Hollande le politicien toujours soucieux d’une question dont 99,9% des Français n’ont que faire : les équilibres internes au PS ! Arnaud Montebourg reste ministre de plein exercice, au même niveau que Pierre Moscovici… même avec sa voix dissonante, notamment sur la rigueur budgétaire. François Hollande agit là en application d’une règle bien connue et résumée parfaitement par le général MacArtur : « Mieux vaut avoir un officier dans sa tente et qui pisse à l’extérieur qu’un officier à l’extérieur et qui pisse sur sa tente ». L’hommage appuyé, rendu à Jean-Marc Ayrault n’était pas seulement fait pour câliner un premier ministre loyal et constant, c’était aussi l’affirmation de la ligne politique et économique que Jean-Marc Ayrault incarne de façon beaucoup nette que François Hollande, et depuis des années. De ce point de vue, Pierre Moscovici (qui est sur cette ligne) peut se sentir indirectement conforté. La question ne devrait plus être seulement: « pourquoi François Hollande garde-t-il Arnaud Montebourg ? » mais : « pourquoi Arnaud Montebourg reste-t-il dans un gouvernement qui fait l’inverse de ce que lui, prône ? »… Certes, l’originalité de sa parole lui donne une audience décuplée à chaque fois qu’il s’exprime ! Mais en réalité il ingurgite des couleuvres à la chaîne depuis plusieurs mois. Tout le vivarium du jardin des plantes y passe. Et hier ce fut le tour de l’aquarium des boas constrictors quand François Hollande –revenant de Bruxelles d’où on lui demande des réformes libérales- a évoqué une nouvelle étape très ambitieuse de l’intégration européenne à mettre au point avec l’Allemagne d’Angela Merkel !

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