De la difficulté de faire un édito politique sur Arnaud Montebourg

Oui parce que si l’on veut se livrer à une analyse politique de ce que représente l’ancien ministre du Redressement productif, si l’on veut le situer idéologiquement, on bute très vite sur des mots, des concepts égrenés, théoriques, des références, parfois contradictoires, qui ne nous permettent pas de comprendre ce que ça donnerait, mis en œuvre, concrètement, sur les salaires, la retraite, le chômage et même sur le type de société qu’il souhaite promouvoir. Puisqu’Arnaud Montebourg est de gauche, il ne peut décemment pas mettre en avant l’homme providentiel. Ça ne se fait pas… Mais il en connaît la geste ! Il grimpe, suivit par une cohorte de supporter suant à ses côtés, gravit une jolie montagne (qui rappelle le rituel mitterrandien de Solutré), et une fois au sommet de la colline morvandiote, il fait comprendre, en majesté, qu’il veut peser sur le destin de la Nation. Et dans un même mouvement, il fustige la fonction de président de notre monarchie républicaine. Au moins, et ça c’est cohérent, fait-il partie de ceux qui veulent modifier la Constitution… mais, pour le reste, à lire son discours on a du mal à le situer.

Il était entouré de frondeurs…il se situe donc plus à gauche que le gouvernement.

Oui mais qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Comme il est de bon ton en ce moment (et parce que c’est justifié) l’ancien ministre a fait, depuis son sommet, assaut d’horizontalité en appelant toutes les bonnes volontés à élaborer un projet alternatif. Le discours était aussi un discours anti- système. C’est incroyable comme tous les candidats, de tous les partis, s’insurgent contre le système. Donc Montebourg, par son entourage et ses soutiens, semble plus à gauche mais quand il dit qu’il faut un exécutif qui ait le courage de la réforme, quand il affirme vouloir réconcilier la France qui va bien et la France qui va mal (donc celle qui a un statut et celle qui n’en a pas), ça peut ressembler au discours libéral de Macron. Montebourg ne se situe pas là puisque sa petite musique est plutôt interventionniste. J’avoue avoir un peu le tournis en l’entendant égrainer ses références : Roosevelt, Florence Aubenas, Colbert, Louis Blanc, Régis Debré, Stiglitz, Simone Veil, Naomi Klein, Chevènement, Mendès France. Une playlist, même avec de jolis morceaux, ne fait pas une œuvre. Déjà lors de la primaire de 2011, il se disait, je cite, « socialiste bon teint pour le social, mendésiste pour la démocratie, Modem pour l’économie, en même temps que Vert sur l’écologie et altermondialiste ! ». Vous aimez le poulet, vous aimez la chantilly ! Vous adorerez le poulet à la Chantilly ! Cela dit, dans le concert des responsables qui appellent à tout renouveler, à faire entrer la société dans la politique, l’ancien ministre a un avantage : il n’a plus de mandat et il est vraiment devenu entrepreneur. On aimerait donc pouvoir souligner la cohérence entre ses actes et ses mots. Pour cela encore aurait faudrait-il comprendre le sens de ce qu’il appelle sur son blog, « l’appel du mont Beuvray »…Et au-delà de « suivez mon panache blanc », pour l’instant, moi… je dois l’avouer, je n’ai pas tout pigé.

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